Plus connu sous le nom d’Abou Mazen, M. Abbas souffre d’ailleurs aux yeux des Palestiniens de cette réputation d’homme des Américains et des Israéliens.
Quatre mois après son entrée en fonctions, sa cohabitation avec M. Arafat s’était transformée en lutte ouverte. Au point que le président du Parlement palestinien, Ahmed Qoreï, déclarait récemment que « les divergences sont telles » que les deux hommes « ne peuvent plus travailler ensemble ».
Homme d’appareil et de dossiers à la personnalité discrète qui frise l’effacement, M. Abbas, 68 ans, est pourtant un vieux compagnon d’armes de M. Arafat.
Devenu en 1996 secrétaire général – c’est-à-dire numéro deux – de l’Organisation de la libération de la Palestine (OLP), que dirige sans partage M. Arafat, il restera dans l’histoire comme le principal artisan du côté palestinien des accords d’Oslo de 1993 avec Israël.
Il était resté cantonné jusqu’en 2002 dans l’ombre de M. Arafat, le servant loyalement sans donner le moindre signe d’ambition personnelle.
Mais M. Arafat l’a immédiatement considéré comme un rival – et traité comme tel – dès que son nom a été mentionné comme premier ministrable.
M. Abbas a une qualité aux yeux des Américains et des Israéliens : celle d’être à bien des égards l’opposé de Yasser Arafat.
Il s’est ainsi élevé de manière répétée contre la « militarisation » de l’intifada, estimant que cela constituait une erreur tactique.
Cofondateur à la fin des années 1950 du Fateh, mouvement de M. Arafat et principale composante de l’OLP, il s’est rapidement déclaré convaincu que la solution au conflit passait par la négociation, une position dont il ne s’est jamais écarté.


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