Birmanie Interrogations autour de la grève de la faim de Suu Kyi
le 05 septembre 2003 à 00h00
Entre les États-Unis qui ont déclaré mercredi, pour la troisième fois, que le prix Nobel de la paix avait cessé de s’alimenter pour protester contre sa détention, et la Birmanie qui a de nouveau vigoureusement démenti, quelqu’un ment, ou se trompe. L’affirmation de Washington est douteuse et pourrait être un moyen d’accentuer la pression internationale sur le régime militaire, estiment des analystes contactés hier à Rangoon. D’autre part, un diplomate américain qui s’est exprimé sous le couvert de l’anonymat affirme que la grève de la faim de Mme Suu Kyi « est une “idée” américaine pour ne pas faire oublier au monde qu’il y a un sérieux problème non résolu ». Les observateurs s’interrogent en premier lieu sur la ou les sources des Américains, alors que Mme Suu Kyi est au secret et qu’aucun étranger n’a eu accès à elle depuis le 28 juillet, date de la visite du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Ni l’Onu ni son parti, la Ligue nationale pour la démocratie, ne sont en mesure de confirmer une grève de la faim, allégation tout aussi invérifiable pour les diplomates. La Thaïlande a entamé le crédit de cette affirmation. « Sur la base des rapports de nos propres renseignements, Aung San Suu Kyi n’est pas en grève de la faim », a déclaré le ministre des Affaires étrangères Surakiart Sathirathai. Le département d’État américain avait pris la veille le soin d’expliquer que « malheureusement, ni nous ni les autres dans la communauté internationale n’avons eu accès à elle depuis un moment et n’avons été capables d’établir une estimation de première main de sa situation ». « Nous pensons que cette grève de la faim est possible, mais qu’elle n’existe pas », dit un diplomate à Rangoon, « elle est au secret, et depuis le 28 juillet personne ne l’a rencontrée. Alors d’où viennent les informations des États-Unis ? Les Américains eux-mêmes ne sont pas convaincus, ils parlent de “sources crédibles” », relève-t-il, « ce n’est donc pas du 100 % ». À Rangoon les rumeurs déferlent. Dans la seule journée de mercredi, Mme Suu Kyi a été à la fois vue dans un hôpital militaire et dans une voiture la ramenant à son domicile. Reste la question : Pourquoi les affirmations de Washington ? « Peut-être pour faire monter la pression », avance une source informée. Le meilleur moyen pour Rangoon de couper court serait en effet soit de la montrer, soit d’autoriser le CICR à rendre de nouveau visite à Mme Suu Kyi.
Entre les États-Unis qui ont déclaré mercredi, pour la troisième fois, que le prix Nobel de la paix avait cessé de s’alimenter pour protester contre sa détention, et la Birmanie qui a de nouveau vigoureusement démenti, quelqu’un ment, ou se trompe. L’affirmation de Washington est douteuse et pourrait être un moyen d’accentuer la pression internationale sur le régime militaire, estiment des analystes contactés hier à Rangoon. D’autre part, un diplomate américain qui s’est exprimé sous le couvert de l’anonymat affirme que la grève de la faim de Mme Suu Kyi « est une “idée” américaine pour ne pas faire oublier au monde qu’il y a un sérieux problème non résolu ».Les observateurs s’interrogent en premier lieu sur la ou les sources des Américains, alors que Mme Suu Kyi est au secret et qu’aucun...
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