« Après le 11 septembre (2001), le jihad (la guerre sainte) est devenu ouvert partout. Nous pouvons dire que le temps est celui de la mondialisation du jihad », a déclaré Abou Seïf al-Islam, un important dirigeant du courant islamiste salafite au Maroc.
À une question d’al-Majallah sur une éventuelle frappe d’el-Qaëda visant les juifs au Maroc, Abou Seïf a estimé que « le Maroc est au milieu du conflit parce qu’il n’est pas possible de viser “les croisés” chez eux tout en excluant le Maroc précisément ».
Parmi les objectifs visés à Casablanca figure le Cercle de l’alliance israélite.
« La bataille est désormais globale. Je pense que lorsque les conditions propices seront favorables, l’organisation el-Qaëda n’hésitera pas » à frapper au Maroc, a poursuivi Abou Seïf, dont les propos étaient publiés vendredi.
« L’orientation actuelle est de ne pas laisser l’ennemi ressentir la sécurité partout où il se trouve », a ajouté Abou Seïf, en rappelant que « cheikh (Oussama Ben Laden) avait cité le Maroc dans son dernier message. »
Le chef du réseau el-Qaëda avait menacé le Maroc en février, dans une bande sonore qui lui a été attribuée.
« Les musulmans doivent se mobiliser pour se libérer du joug de ces régimes apostats, asservis par l’Amérique. Parmi les pays qui devraient être libérés figurent la Jordanie, le Maroc, le Nigeria, le Pakistan, le pays des deux saintes mosquées (l’Arabie saoudite) et le Yémen », avait-il dit.
Les islamistes marocains
affirment leur opposition à la violence
Les principales organisations islamistes marocaines n’ont pas tardé à condamner les attentats de Casablanca, en affirmant leur « opposition de principe » à la violence.
Alors que le rapprochement avec les récents attentats de Ryad était évoqué dès les premières réactions, le Parti islamiste justice et développement (PJD), première force d’opposition parlementaire, a qualifié les attaques de « crime terroriste sauvage ».
Mustapha Ramid, le président du groupe parlementaire du PJD, a souhaité qu’il ne s’agisse que d’un « drame passager » formant le vœu que le Maroc reste « attaché à ses acquis de stabilité et de paix ».
S’appuyant sur une ligne politique modérée, le PJD a pu s’accaparer une partie de l’électorat classique de gauche et réaliser une importante percée lors des élections législatives de septembre 2002.
L’association islamiste Al-Adl Wal Ihssane (Justice et bienfaisance), considérée comme la plus importante formation islamiste au Maroc, a elle aussi condamné les attentats. Cette association « bannit la violence, la clandestinité et la collaboration avec l’étranger », a affirmé son porte-parole, Fathallah Arsalane. Pour ce responsable, les enquêteurs ne devraient exclure « aucune piste » dans la recherche des commanditaires, qui peuvent être « des individus, des groupes ou des États ». M. Arsalane a estimé que « l’entité sioniste (Israël) bénéficiera beaucoup de ces attentats qui lui permettront de détourner l’attention de la communauté internationale des tueries perpétrées dans les territoires palestiniens ».
Al-Adl Wal Ihssane, très présente dans les quartiers populaires des grandes villes et les universités du Maroc, n’est pas reconnue par les autorités. Le roi Mohammed VI avait toutefois décidé, peu après son intronisation en juillet 1999, de mettre fin à une longue assignation à résidence de son chef spirituel, le cheikh Abdessalam Yassine.
Par ailleurs, le mouvement islamiste des Frères musulmans en Égypte a condamné dimanche les attentats de Casablanca, affirmant que de tels actes servaient les intérêts des États-Unis et d’Israël.
Faisant allusion aux États-Unis et à Israël, le mouvement avertit que ces attentats « servent les intérêts des ennemis de l’islam et de la nation islamique (...) qui pratiquent le terrorisme en Palestine, en Irak et en Afghanistan ».
La confrérie des Frères musulmans, officiellement interdite mais relativement tolérée par les autorités, est considérée comme la principale force d’opposition en Égypte. Son guide suprême Maamoun al-Hodeibi jouit d’une autorité spirituelle sur l’ensemble des Frères musulmans des pays arabes.


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