L’émissaire de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), Robert L. Barry, a dénoncé devant la presse « des cas de falsification (de résultats), de bourrage des urnes dans certains cas, de vol de bulletins de vote et d’intimidation d’observateurs internationaux ».
L’OSCE a ajouté que les fraudes avaient été moins marquées que lors de la présidentielle des 19 février et 5 mars derniers, mais a considéré que les législatives étaient cependant « restées en deçà des normes internationales ».
L’Arménie, une petite nation pauvre du Caucase, était sous la pression des États-Unis et de l’Union européenne, ses principaux fournisseurs d’aide, pour organiser dimanche des élections propres.
Mais dans un rapport cinglant, les observateurs de l’OSCE et du Conseil de l’Europe ont remarqué que bon nombre de violations avaient eu lieu en leur présence.
Des résultats préliminaires ont donné hier une majorité de sièges dans cette élection à un tour aux partis soutenant le président Robert Kotcharian.
Mais le scrutin est terni non seulement par le rapport des observateurs internationaux, mais aussi par une fusillade ayant fait un mort près d’un bureau de vote et par les accusations de fraude lancées par les partis d’opposition.
Après le dépouillement de près d’un quart des bulletins de vote, les trois principaux partis soutenant M. Kotcharian recueillent 53,8 % des suffrages, selon la commission électorale.
Le principal parti d’opposition, le bloc Justice, a accusé les partis proprésidentiels d’avoir acheté des votes, battu des militants d’opposition et bourré les urnes, le tout avec la complicité des autorités.
Les électeurs avaient le choix entre 17 partis et quatre listes d’union, mais la lutte opposait principalement le Parti républicain, mené par le Premier ministre Andranik Marguarian, qui soutient M. Kotcharian, et le bloc Justice de M. Stepan Demirtchian.
L’élection de dimanche était un test pour le président Kotcharian, dont la réélection en mars dernier avait été entachée par la fraude.
Au point que l’ambassadeur des États-Unis à Erevan, John Ordway, avait averti avant les législatives que « l’image de l’Arménie serait sérieusement ternie et sa stabilité politique interne affaiblie si ces élections étaient entachées de graves irrégularités ».
Le taux de participation a été assez faible, à 41 %, ce qui reflète selon les observateurs le sentiment de cynisme prévalant dans la population sur la possibilité pour le pouvoir d’organiser des élections libres.


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