La présidence italienne de l’UE aura aujourd’hui l’occasion de sonder ses partenaires lors de la rencontre des ministres des Finances des 25 pays membres ou candidats à l’adhésion.
« Très peu de pays soutiennent cette initiative sans discussion », a déclaré un diplomate de haut rang.
« Passé l’effet de surprise, on en revient à un certain réalisme », a expliqué l’un de ses homologues, en soulignant que le financement de ces projets pose toujours problème.
L’Italie, appuyée en cela par la Commission européenne, veut relancer les grands travaux transeuropéens d’infrastructure – chemins de fer, ponts et routes – et permettre à l’UE de rattraper son retard sur les États-Unis en matière de recherche et de développement, les « investissements immatériels ».
L’ancien commissaire européen Karel Van Miert a présenté, il y a une semaine, le rapport du groupe composé de représentants des gouvernements des États membres de l’UE et des 12 pays candidats qui s’est réuni sous sa présidence depuis décembre 2002. Ses conclusions sont claires : dix ans après le sommet européen d’Essen, qui a sélectionné en 1994 quatorze projets prioritaires, les « grands travaux » ne sont pas très avancés.
Sur les 600 milliards d’euros que coûtera la construction du réseau transeuropéen d’ici à 2020, les projets prioritaires représentent 235 milliards, soit 0,16 % du PIB par an.
Les réactions des États membres sont mitigées.
Il y a d’abord une ligne de fracture entre des pays comme l’Italie, qui privilégient les infrastructures, et d’autres qui, comme la France, mettent l’accent sur la recherche et le développement, qui permettent d’attirer des capitaux privés.
« Il y a plus d’enthousiasme au Sud qu’au Nord pour les infrastructures », explique un diplomate expert du dossier.
Mais le financement de ces projets est le principal obstacle en période de disette budgétaire et le refus des pays riches, Allemagne en tête, ne veulent pas payer pour bâtir des autoroutes dans les pays pauvres complique le débat.
La principale idée de l’Italie et de la Commission est d’utiliser la Banque européenne d’investissement (BEI), qui pourrait mettre en place une nouvelle facilité de prêts.
L’Italie a proposé que la BEI emprunte jusqu’à 70 milliards d’euros par an pour financer ces projets, alors que les prêts de la banque pour les infrastructures ne dépassent pas sept milliards d’euros par an actuellement dans les 15 pays membres.
Le seul résultat de la réunion des ministres des Finances de l’UE devait être de demander à la Commission et à la BEI de présenter des propositions sur ce dossier.
Les ministres de l’Économie lancent la procédure de nomination de Trichet à la tête de la BCE
Les ministres européens de l’Économie et des Finances (Ecofin) vont formellement lancer aujourd’hui la procédure de nomination à la tête de la Banque centrale européenne (BCE) du Français Jean-Claude Trichet, dont le mandat de huit ans doit commencer le 1er novembre.
Lors de sa réunion mensuelle à Bruxelles, l’Ecofin doit adopter une « recommandation » approuvant la candidature de M. Trichet pour succéder à Wim Duisenberg, conformément aux conclusions du sommet européen de Salonique (Grèce) en juin. À la demande du président français Jacques Chirac, les dirigeants européens avaient alors marqué leur « accord politique » en faveur de l’actuel gouverneur de la Banque de France, qui venait d’être blanchi par la justice française dans l’affaire des comptes du Crédit lyonnais datant du début des années 1990.
Selon le programme communiqué hier par la présidence italienne de l’UE, la « recommandation » de l’Ecofin prévoira que M. Trichet entre en fonctions à la tête de la BCE le 1er novembre pour un mandat de huit ans.
Le Parlement européen, qui doit donner un avis consultatif sur la question, devrait auditionner M. Trichet le 11 septembre au niveau de la commission des Affaires économiques et monétaires avant de se prononcer lors de sa session plénière du 22 au 25 septembre.
La nomination du nouveau président de la BCE sera ensuite définitivement entérinée par les chefs d’État et de gouvernement de l’UE lors de leur prochain sommet, prévu à Bruxelles les 16 et 17 octobre.

