Les contrôles internes et les procédures ont immédiatement été renforcés après qu’il eut été découvert qu’un produit de substitution électrolyte – plus couramment appelé « pastille de sel » – donné aux joueurs par les kinésithérapeutes de l’ATP aurait pu être contaminé par de la nandrolone, un produit interdit.
L’ATP a précisé hier qu’elle ne fournirait plus de tablettes électrolytes ou d’autres produits vitaminés ou minéraux aux joueurs.
Le Tchèque Bohdan Ulihrach, suspendu en mai dernier pour un contrôle positif à la nandrolone, a vu sa suspension de deux ans, son amende et sa perte de 100 places au classement ATP levées. Il est autorisé à rejouer dès maintenant, a dit l’ATP.
Un communiqué publié hier a indiqué que l’ATP avait appris en mai que ses kinésithérapeutes avaient donné des produits de substitution électrolytes aux joueurs.
Au même moment, les laboratoires homologués par le CIO de Montréal, Lausanne et Stockholm traitaient un nombre anormalement élevé d’échantillons d’urine contenant des traces de nandrolone.
L’ATP a immédiatement retiré les produits et organisé une enquête menée par un organisme de lutte contre le dopage.
L’enquête comprenait des entretiens avec les joueurs, un examen de tous les cas traités par les laboratoires et les pratiques des soigneurs de l’ATP.
Des comprimés utilisés
depuis plus de 20 ans
Il a été ainsi confirmé qu’en dépit des avertissements de l’ATP concernant les compléments alimentaires, les kinésithérapeutes avaient notamment administré des comprimés électrolytes destinés à compenser la perte de sodium et de chloride à cause de la sueur.
Les kinés n’ont pas mesuré le risque représenté par ces comprimés utilisés par les soigneurs de l’ATP depuis plus de 20 ans.
En dix ans de programme antidopage du tennis, un seul cas de dopage à la nandrolone avait été constaté.
Pendant la période allant de la fin août 2002 à la mi-mai 2003, sept échantillons, dont celui d’Ulihrach, présentaient des taux de nandrolone supérieurs à la limite fixée par le CIO.
Des « empreintes » liant les cas entre eux et le fait qu’il y ait un grand nombre de joueurs concernés ont conduit les laboratoires à conclure qu’ils ont tous pris le même produit.
Selon l’ATP, l’ingestion de compléments alimentaires contaminés n’aurait pas eu d’effet sur les performances des joueurs.
Le tribunal du Programme antidopage du tennis qui avait jugé Ulihrach a convenu qu’il fallait étudier de nouveau le cas du Tchèque le 2 juillet.
Contrôlé positif le 3 octobre à l’occasion du tournoi de Moscou, Ulihrach avait nié s’être dopé lors de son audition en avril dernier.
L’ATP a ensuite appris qu’il avait pris des comprimés électrolytes pendant et avant le tournoi de Moscou.
« Je suis extrêmement satisfait que cet épisode de ma vie soit maintenant derrière moi et que je puisse revenir à ce que j’aime : le tennis », a dit Ulihrach.


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