L’Olympique de Marseille, fort du « feu vert » de la Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG), s’est imposé comme l’animateur n° 1 du marché. Suivi de près par l’Olympique lyonnais, double champion de France en quête de successeur à son buteur et capitaine Sonny Anderson. Les deux Olympiques se sont notamment frottés sur le cas de l’Ivoirien Didier Drogba, qui a finalement rejoint la Canebière pour cinq ans. Depuis, le Paris-Saint-Germain, à nouveau autorisé à recruter, et Monaco, qui a réglé ses problèmes de direction, sont entrés dans la danse. Avec le même impératif, érigé en « règle d’or » depuis deux saisons dans toutes les écuries françaises : « dégraisser » avant d’acheter.
Victime des « années folles » où l’argent des télévisions coulaient à flot dans les caisses des clubs, le PSG, privé de Coupe d’Europe, cherche ainsi à vendre à tour de bras. Et pas toujours selon des critères purement sportifs, comme l’a reconnu récemment l’entraîneur Vahid Halilhodzic au sujet de l’Argentin Mauricio Pochettino. « C’est plus un choix économique que sportif, soulignait-il. Nous voulons alléger la masse salariale et, avec le départ de Pochettino, nous pourrions payer deux ou trois joueurs. »
Fin négociateur
Pour se débarrasser d’un gros salaire, le prêt reste toutefois la solution la plus répandue. Selon les statistiques de la Ligue de football professionnel (LFP), les « mutations temporaires » sont ainsi passées de 76 (en 1999-2000) à 108 (en 2002-03) alors que, dans le même temps, les « mutations définitives » ont connu une nette baisse (de 103 à 47). Une tendance partie pour se confirmer cette saison.
Puisque chaque sou compte, la concurrence est plus vive que jamais autour des « bonnes affaires ». Ce fut le cas pour Drogba et, plus récemment, pour le Ghanéen Mickaël Essien (Bastia), annoncé au PSG avant de signer à Lyon. Plus que jamais, il faut faire preuve d’imagination pour séduire un joueur malgré le manque de liquidités. Dans ce domaine, la palme revient au président marseillais Christophe Bouchet, qui a tenté de financer en partie la venue du Japonais Hidetoshi Nakata à l’OM par les droits versés par les télévisions japonaises pour le championnat français.
Bien se comporter sur le marché ne consiste plus seulement à dénicher la perle rare. Mais aussi à se montrer un négociateur intraitable pour faire respecter leurs contrats à des joueurs attirés par les sirènes étrangères. Auxerre, attaqué aux prud’hommes par Philippe Mexès, le Paris SG, qui négocie pouce à pouce depuis plusieurs semaines avec Ronaldinho pour le garder une saison supplémentaire, ou l’OM, qui redoute de voir partir Daniel Van Buyten, en savent tous quelque chose. Car ces joueurs, comme d’ailleurs les internationaux Benoît Pedretti, Grégory Coupet, Olivier Kapo ou Jean-Alain Boumsong, peuvent encore mettre le feu au marché d’ici au 2 août.

