Troisième il y a deux ans, quatrième l’année passée derrière le trio Audi, Bentley compte également cinq victoires aux 24 Heures du Mans. Mais ces succès datent d’une autre époque, et le contexte actuel est bien différent de celui des années 1924, 27, 28, 29 et 30, où la petite firme anglaise avait trusté les podiums.
Aujourd’hui, l’écurie Bentley appartient au grand groupe industriel VAG-Volkswagen. En effet, difficile de nos jours de réussir en sport automobile sans des budgets conséquents, obtenus le plus souvent grâce à d’importantes associations de constructeurs, dont le groupe VAG-Volkswagen (Bentley, Audi, Skoda, Volkswagen...) est aujourd’hui l’un des meilleurs exemples.
Malgré tout, un petit parfum d’authenticité flotte dans les stands de l’écurie britannique. Outre le vert anglais et la décoration très rétro des deux voitures, les Britanniques entretiennent l’illusion d’une époque où le vainqueur d’une course se voyait remettre une simple couronne de lauriers.
Ainsi, si le capital est devenu allemand, le style est resté « british ». Les attitudes, les plaisanteries sont incompréhensibles pour qui n’est pas initié. Le flegme est de mise.
Flegme
« Nous nous apprécions bien les uns et les autres », explique notamment le pilote britannique Mark Blundell à ce propos. « Nous plaisantons souvent mais dès que nous nous remettons au travail, cela redevient tout de suite sérieux. » Bentley se singularise également dans ses choix techniques, puisqu’à l’inverse d’Audi, victorieux des trois dernières éditions de la classique sarthoise, qui avait choisi pour son modèle R8 un châssis de barquette ouverte, l’écurie britannique a préféré la solution d’un prototype fermé.
De ce choix découle une autre philosophie, à contre-courant des standards actuels. Là où les ingénieurs choisissent en général de faire des voitures faciles à entretenir durant la course (l’an passé, l’écurie Audi victorieuse pouvait par exemple remplacer une boîte de vitesses sur l’une de ses voitures en moins de sept minutes), Bentley a choisi de miser sur la solidité de ses voitures, pour que chaque pièce tienne toute la course et n’ait pas à être remplacée. Une philosophie risquée qui dénote une confiance à toute épreuve, mais qui pourrait faire retrouver à l’Angleterre le goût d’un succès au Mans, oublié depuis la dernière victoire d’une Jaguar au début des années 90.
Pour Bentley, cette saveur est enfouie beaucoup plus loin, à une époque où, de retour à Londres, les pilotes maison faisaient la fête ensemble dans un prestigieux hôtel.
Une fête qui n’a plus eu lieu depuis 73 ans, et que, tradition oblige, John Whickham, le directeur de l’écurie, se ferait un plaisir d’animer.


À Verdun, un « sommet spirituel » pour préserver l’unité nationale... et donner un coup de pouce au pouvoir