Le raid israélien, et surtout le moment choisi, renforce les doutes sur les intentions réelles du gouvernement d’Ariel Sharon, qui a adopté la « feuille de route » le 25 mai à la suite de pressions massives des États-Unis. Du côté palestinien, le raid a été unanimement dénoncé comme une preuve de la volonté de M. Sharon de saborder la « feuille de route ».
M. Abbas l’a décrit comme « une tentative grossière du gouvernement israélien d’anéantir » ses efforts pour obtenir un cessez-le-feu.
Car, malgré les critiques acerbes du Hamas, qui a annoncé avoir rompu tout contact avec lui en raison du discours qu’il a prononcé à Aqaba (Jordanie) le 3 juin à l’issue de sa rencontre avec MM. Bush et Sharon, l’entourage de M. Abbas assure que l’annonce d’un cessez-le-feu par le mouvement islamiste était proche.
Prévue pour aujourd’hui, la visite du chef du service de renseignements égyptien, le général Omar Souleimane, s’annonçait à cet égard décisive (voir par ailleurs).
L’arrêt de l’intifada est la condition absolue mise par Israël comme par les États-Unis à la mise en œuvre de la « feuille de route ».
Si M. Abbas, qui s’est engagé à Aqaba à mettre fin à « l’intifada armée », parvient à ses fins, expliquent les Palestiniens, M. Sharon n’aura aucune excuse pour ne pas appliquer les mesures que la « feuille de route » impose à Israël, dont le gel total de la colonisation.
Israël a déjà commencé à appliquer ce plan en démantelant depuis lundi une dizaine de colonies sauvages en Cisjordanie.
Les Israéliens mettaient toutefois en avant une logique différente. Pour eux, cette tentative de liquidation, que l’armée israélienne a fini par reconnaître de manière implicite, ne constitue pas une violation de la « feuille de route ».
« Les Palestiniens ont la responsabilité de faire cesser le terrorisme. S’ils ne le font pas, que ce soit parce qu’ils ne peuvent pas ou parce qu’ils ne veulent pas », alors Israël doit le faire, assure l’analyste israélien Dan Schueftan. Un responsable sécuritaire, qui a requis l’anonymat, a justifié le raid contre M. Rantissi, en affirmant qu’il était directement impliqué dans les activités de la branche armée du mouvement. « Ce type a beaucoup de sang sur les mains », a indiqué ce responsable qui l’a aussi accusé d’incitation à la violence.
Le raid était « un message très clair au Hamas et aussi à Abou Mazen » pour lui faire comprendre qu’il est temps de passer aux actes, a-t-il poursuivi.
Mais cela ne répond pas à la question essentielle : pourquoi cette opération maintenant, alors que la « feuille de route » semblait prendre des couleurs, malgré la mort dimanche de cinq soldats israéliens dans les territoires ? « Cela peut susciter de nombreuses questions », a admis ce responsable, pour qui il s’agissait d’une décision « politique ».
Mais les responsables politiques israéliens étaient tous hier aux abonnés absents...


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