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Le département d’État sous le feu des conservateurs américains

Le département d’État américain, dirigé par Colin Powell, est soumis à de vives attaques de milieux conservateurs qui l’accusent de ne pas soutenir la politique du président George W. Bush et d’avoir échoué sur la scène internationale dans les mois qui ont précédé le conflit en Irak. Ces critiques ont poussé la Maison-Blanche à souligner solennellement que M. Powell avait toute la confiance du chef de l’État, et que ce dernier restait en dernier ressort responsable de la politique étrangère du pays. M. Bush « croit en la diplomatie et utilise la diplomatie. Le secrétaire Powell est un diplomate capable, très capable. Et c’est l’approche retenue par le président et cela s’est révélé être une approche fiable et couronnée de succès », a affirmé son porte-parole, Ari Fleischer. Cette mise au point survient après une nouvelle salve mardi de critiques émanant des cercles conservateurs, proches des « faucons » du ministère de la Défense dirigé par Donald Rumsfeld et du vice-président Dick Cheney. La charge a été menée par Newt Gingrich, un ancien président de la Chambre des représentants (Chambre basse du Congrès) connu pour ses opinions ultraconservatrices. M. Gingrich a accusé le ministère des Affaires étrangères d’avoir mené une politique « inefficace et incohérente » à l’approche du conflit en Irak, qui a conduit selon lui des alliés comme la France et la Turquie à s’opposer aux États-Unis plus qu’à mettre la pression sur Saddam Hussein. Par la faute du département d’État, « s’opposer à l’Amérique est finalement devenu plus attractif que l’aider à se débarrasser de Saddam Hussein », a-t-il ajouté. L’ancien parlementaire, qui s’exprimait au cours d’un colloque du très conservateur American Enterprise Institute, a également redouté qu’après le renversement de Saddam Hussein, les diplomates américains ne gâchent le succès militaire. « Le département d’État est désormais à nouveau au travail pour mener une politique qui va clairement faire s’éloigner les fruits d’une victoire durement acquise » en Irak, a-t-il déclaré. Un ancien responsable de la CIA, qui travaille aujourd’hui pour un autre centre conservateur, le Hudson Institute, Constantine Menges, a quant à lui affirmé que « le problème du département d’État, c’est que non seulement il ne soutient pas la politique du président, mais qu’il ne parvient pas à élaborer de vision stratégique » pour la diplomatie américaine. Ces attaques surviennent alors que le département d’État de Colin Powell et le Pentagone de Donald Rumsfeld apparaissent en conflit sur d’innombrables sujets de politique étrangère, qu’il s’agisse de la Corée du Nord, de la Syrie, de la reconstruction de l’Irak ou des relations avec les alliés européens. Ce conflit recoupe le clivage entre partisans d’une approche multilatérale des problèmes du monde et tenants d’une affirmation plus ferme de la puissance américaine. Ce conflit s’est exacerbé avec la guerre en Irak, où la victoire américaine rapide fait exulter M. Rumsfeld et ses partisans, tandis que M. Powell reste sous le coup de son échec à obtenir un feu vert de l’Onu pour ce conflit. Malgré leur vigueur, les détracteurs du département d’État évitent toutefois de s’en prendre directement à M. Powell, qui reste l’une des personnalités les plus populaires de l’Administration Bush. La Maison-Blanche, en volant au secours du secrétaire d’État mardi, a notamment souligné que c’était M. Bush qui avait personnellement décidé de lancer un processus sur l’Irak devant les Nations unies en septembre dernier. « Le président considère que le processus diplomatique a été une étape très importante qui a permis le succès militaire. Et le processus suivi par le département d’État et que le secrétaire Powell a conduit était le processus choisi par le président », a affirmé Ari Fleischer.
Le département d’État américain, dirigé par Colin Powell, est soumis à de vives attaques de milieux conservateurs qui l’accusent de ne pas soutenir la politique du président George W. Bush et d’avoir échoué sur la scène internationale dans les mois qui ont précédé le conflit en Irak. Ces critiques ont poussé la Maison-Blanche à souligner solennellement que M. Powell avait toute la confiance du chef de l’État, et que ce dernier restait en dernier ressort responsable de la politique étrangère du pays. M. Bush « croit en la diplomatie et utilise la diplomatie. Le secrétaire Powell est un diplomate capable, très capable. Et c’est l’approche retenue par le président et cela s’est révélé être une approche fiable et couronnée de succès », a affirmé son porte-parole, Ari Fleischer. Cette mise au point...