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Les réfugiés irakiens en Syrie s’impatientent

«Que l’Onu vienne à notre secours! » Mohammad Ali, un Irakien chiite réfugié en Syrie, s’exaspère, après la chute de Saddam Hussein, des obstacles empêchant le retour en Irak de dizaines de milliers de personnes dans son cas. « De 7 dollars, le tarif du voyage est passé à 400 dollars par personne », s’indigne, devant la boutique d’un transporteur, cet homme de 42 ans, originaire de Bagdad, marié à une Syrienne et sans enfant. « Les taxis syriens ne peuvent plus franchir la frontière depuis une semaine. Quant aux transporteurs irakiens qui ont pu venir ici et repassent en Irak, ils ne peuvent plus retourner ensuite en Syrie », ajoute-t-il. « En plus, les Américains bloquent au maximum les retours de Syrie, de peur que des “volontaires” antiaméricains ne s’infiltrent » en Irak, s’exclame Chihab Ahmad, de Bassorah (Sud), qui a quatre enfants et pas les moyens de payer son retour. « Il faut que les Nations unies nous aident », implore-t-il. Des dizaines d’autres habitants de la grande banlieue populaire de Sitt Zeinab au sud de Damas, où vivent des milliers de chiites irakiens et iraniens, s’agglutinent autour des journalistes pour plaider dans le même sens. Sitt Zeinab tire son nom du mausolée de sayyeda Zeinab, fille d’Ali, gendre de Mahomet, et sœur de Hussein et Hassan, martyrs de la foi chiite. Mohammed Hussein Ali, 56 ans, un commerçant qui a 11 enfants, souligne que « le téléphone ne fonctionnant pas en Irak, tout contact avec le reste de ma famille est presque impossible ». Interrogé au sujet de ces demandes pressantes, le directeur du Haut-Commissariat de l’Onu pour les réfugiés (HCR) à Damas, le Marocain Abdelhamid el-Ouali, a annoncé que son organisme préparait un plan de rapatriement des milliers de réfugiés irakiens en Syrie. « Nous y réfléchissons, nous le planifions. Le HCR mettra les moyens nécessaires pour un éventuel rapatriement massif des réfugiés qui seront volontaires, quel que soit leur nombre », a-t-il déclaré. Toutefois, « les conditions sur le terrain, en Irak même, ne sont pas encore propices », a-t-il ajouté. Il a relevé « que personne n’est en mesure de dire dans quel délai le rapatriement » sous l’égide du HCR « pourra commencer ». En outre, « des gens peuvent vouloir rentrer maintenant et d’autres plus tard », a-t-il observé, affirmant que « quoi qu’il arrive, c’est une opération qui prendra des mois ». Quant au nombre, le HCR s’adaptera à tous les cas de figure, a indiqué M. Ouali, tout en notant l’absence de statistiques précises. Si les milieux irakiens en exil parlent de centaines de milliers de réfugiés, essentiellement chiites, « le HCR estime que le nombre réel ne doit pas dépasser les 70 000 personnes », selon lui.
«Que l’Onu vienne à notre secours! » Mohammad Ali, un Irakien chiite réfugié en Syrie, s’exaspère, après la chute de Saddam Hussein, des obstacles empêchant le retour en Irak de dizaines de milliers de personnes dans son cas. « De 7 dollars, le tarif du voyage est passé à 400 dollars par personne », s’indigne, devant la boutique d’un transporteur, cet homme de 42 ans, originaire de Bagdad, marié à une Syrienne et sans enfant. « Les taxis syriens ne peuvent plus franchir la frontière depuis une semaine. Quant aux transporteurs irakiens qui ont pu venir ici et repassent en Irak, ils ne peuvent plus retourner ensuite en Syrie », ajoute-t-il. « En plus, les Américains bloquent au maximum les retours de Syrie, de peur que des “volontaires” antiaméricains ne s’infiltrent » en Irak, s’exclame Chihab Ahmad,...