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Le dollar, en attendant le nouveau dinar

Les États-Unis vont bientôt s’attaquer au dernier bastion de Saddam Hussein – un bastion de papier, celui des billets de banque irakiens à l’effigie du dictateur – en payant en dollars les salaires des fonctionnaires irakiens pour le mois d’avril. Mais il y a des milliards de billets à remplacer, et il faudra sans doute plus des trois semaines d’opérations militaires pour faire tomber cette forteresse. « C’est sûr qu’il va y avoir un nouveau dinar. Celui-ci porte l’effigie de Saddam Hussein et le papier est de mauvaise qualité », explique Houmam Chammaa, professeur d’économie et de gestion à l’université de Bagdad. Une nouvelle monnaie est d’autant plus nécessaire, dit-il, que les zones kurdes du nord de l’Irak utilisent un dinar dit « suisse » : des billets irakiens, mais imprimés en Europe et ne portant pas le portrait de Saddam. Une fois le gouvernement post-Saddam formé, « il ne devrait pas falloir plus de deux mois pour décider d’un nouveau dinar, si on le veut vraiment », affirme l’économiste. Les responsables américains ont évoqué de leur côté un délai de trois à six mois. La Banque centrale de Bagdad, bien que pillée et détruite après la chute de la capitale, peut recommencer à fonctionner dans un autre bâtiment puisque « les employés sont prêts à reprendre le travail si leur sécurité est assurée », selon M. Chammaa. En attendant, l’actuel dinar devrait rester en circulation « puisque aucune loi n’est venue l’annuler », estime-t-il. Mais les choses devraient commencer à changer à la fin du mois pour les fonctionnaires. Les États-Unis ont en effet annoncé qu’ils paieraient les salaires d’avril en dollars, en puisant dans les quelque 1,7 milliard de dollars confisqués sur des comptes bancaires irakiens aux États-Unis. Washington a prévu de payer un salaire de 20 dollars à chacun des quelque 2,5 millions de fonctionnaires irakiens, soit un total de 50 millions de dollars, selon la radio-télévision publique britannique BBC. S’ils sont payés en billets de 20 dollars, ce sera l’effigie d’Andrew Jackson, septième président des États-Unis, qui leur sera distribuée. Au taux de change actuel de 3 300 dinars pour un dollar, 20 dollars correspondent à 66 000 dinars, soit un peu plus que le salaire moyen de 50 000 dinars qu’ils percevaient sous Saddam Hussein. Mais comme les fonctionnaires complétaient souvent leur salaire par d’autres sources – illégales – de revenus, leur salaire réel était en fait bien supérieur. M. Chammaa minimise toutefois le risque d’une « dollarisation » de l’économie irakienne. Le dollar était déjà devenu la monnaie refuge ces dernières années, avec les importantes fluctuations que le dinar a connues avec le régime de sanctions imposées par l’Onu depuis l’invasion du Koweït en 1990.« Il y a des dollars un peu partout qui s’échangent librement depuis des années », indique-t-il.
Les États-Unis vont bientôt s’attaquer au dernier bastion de Saddam Hussein – un bastion de papier, celui des billets de banque irakiens à l’effigie du dictateur – en payant en dollars les salaires des fonctionnaires irakiens pour le mois d’avril. Mais il y a des milliards de billets à remplacer, et il faudra sans doute plus des trois semaines d’opérations militaires pour faire tomber cette forteresse. « C’est sûr qu’il va y avoir un nouveau dinar. Celui-ci porte l’effigie de Saddam Hussein et le papier est de mauvaise qualité », explique Houmam Chammaa, professeur d’économie et de gestion à l’université de Bagdad. Une nouvelle monnaie est d’autant plus nécessaire, dit-il, que les zones kurdes du nord de l’Irak utilisent un dinar dit « suisse » : des billets irakiens, mais imprimés en Europe et...