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KPFA, la radio qui ouvre ses ondes aux pacifistes US

Petite voix discordante dans un concert de médias américains favorables à la guerre, la station de radio californienne KPFA a trouvé, à l’âge vénérable de 54 ans, une seconde jeunesse en s’opposant farouchement au conflit en Irak. Plus d’un demi-siècle après sa création par le pacifiste Lewis Hill dans la ville universitaire de Berkeley, KPFA diffuse un mélange de reportages fouillés et de commentaires critiques, sous-tendus de façon irrévérencieuse par le message pacifiste de son fondateur. « Si vous écoutez KPFA, vous aurez plus de chance d’entendre un activiste pacifiste qu’un général à la retraite », assure l’un des responsables éditoriaux, Ailleen Alfandary. Les responsables de la radio, qui accusent les grands médias américains de se faire les porte-voix de la politique belliqueuse des États-Unis, assurent apporter à leurs dizaines de milliers d’auditeurs de la région de San Francisco un point de vue différent et, à leurs yeux, plus que jamais nécessaire. KPFA s’attache ainsi au sort des Irakiens en affirmant qu’ils sont les premiers affectés par la guerre. La radio a aussi couvert en direct les manifestations pour la paix et consacré dix heures d’antenne à une réunion des Nations unies sur l’Irak. « Il est très important d’informer les gens de ce que le reste du monde dit à propos de la guerre », souligne Mme Alfandary. C’est cette différence qui a donné un second souffle à KPFA, ses quatre stations à New York, Los Angeles, Washington et Houston, et à la cinquantaine de radios reprenant ses programmes, qui voyaient leur audience s’effriter depuis les années 1990. « Les gens sont vraiment à la recherche du genre d’informations que nous leur donnons », affirme Larry Bensky, responsable de questions d’actualité. Il en veut pour preuve la marée d’appels qui submerge la radio pendant son programme du dimanche matin, qui alterne reportages du monde entier et interventions de pacifistes ayant rarement voix au chapitre ailleurs. KPFA renoue là avec un rôle qu’elle connaît bien. Dans les années 60 et 70, la radio était devenue une source vitale d’informations pour les militants des droits civiques et les opposants à la guerre du Vietnam. Elle avait alors couvert en direct les manifestations pour la paix et avait osé diffuser des exposés complets des dérapages du FBI (sûreté fédérale américaine) ou du massacre de My Lai au Vietnam, des sujets complètement passés sous silence par les grands médias. C’est aussi KPFA qui, en 1974, avait diffusé le fameux enregistrement où Patty Hearst, fille du milliardaire Randolph Hearst, kidnappée, qualifiait ses parents de « porcs capitalistes ». « L’importance de KPFA dans les années 60 fut inestimable. C’était la station que vous deviez écouter si vous étiez contre la guerre », estime John Dinges, professeur de journalisme à l’Université de Columbia. Première station financée par ses auditeurs, modèle du réseau public de radio NPR (National Public Radio), KPFA a continué de servir de phare à la gauche américaine des années 80, avant de reculer dans les années 90 au profit des télévisions câblées et d’une radio NPR en pleine expansion. La station s’était même discréditée en 2001 après que certains de ses présentateurs eurent attribué les attaques du 11 septembre à la CIA, les services de renseignements américains. Mais KPFA fait du travail d’information sérieux, assure M. Dinges. « Ils ont de vrais journalistes, qui réfléchissent à ce qu’ils font. Ils y pensent d’une façon politique, ce qui les rend différents ».
Petite voix discordante dans un concert de médias américains favorables à la guerre, la station de radio californienne KPFA a trouvé, à l’âge vénérable de 54 ans, une seconde jeunesse en s’opposant farouchement au conflit en Irak. Plus d’un demi-siècle après sa création par le pacifiste Lewis Hill dans la ville universitaire de Berkeley, KPFA diffuse un mélange de reportages fouillés et de commentaires critiques, sous-tendus de façon irrévérencieuse par le message pacifiste de son fondateur. « Si vous écoutez KPFA, vous aurez plus de chance d’entendre un activiste pacifiste qu’un général à la retraite », assure l’un des responsables éditoriaux, Ailleen Alfandary. Les responsables de la radio, qui accusent les grands médias américains de se faire les porte-voix de la politique belliqueuse des...