Le futur gouvernement de l’Irak, après le régime du président Saddam Hussein, ne comprendra pas d’étrangers, a assuré hier le ministre britannique des Affaires étrangères Jack Straw à la BBC-radio. M. Straw mène actuellement de nombreuses discussions sur la question avec ses homologues et prévoit d’évoquer la question avec ses homologues russe et français, Igor Ivanov et Dominique de Villepin, aujourd’hui à Bruxelles, où se réunissent les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne et de l’Otan, en présence du secrétaire d’État américain Colin Powell. « Il pourrait y avoir des conseillers d’autres pays, mais il n’y aura pas d’étrangers dirigeant un gouvernement irakien. Ce n’est pas l’objectif de l’action (en cours) », a ajouté le chef de la diplomatie britannique. Le type d’administration intérimaire qui sera mise en place en Irak après la guerre devra être l’objet d’un débat mené « de la façon la plus amicale possible », a de son côté déclaré hier devant le Parlement le Premier ministre britannique Tony Blair. « Je ne doute pas qu’il y aura des divergences d’opinion en ce qui concerne la manière exacte dont cette transition sera assurée, a affirmé M. Blair. Mais je pense qu’il vaudrait probablement mieux que ces différences soient résolues de la façon la plus amicale possible ». M. Blair a souligné que quoi qu’il arrive l’administration qui sera mise en place en Irak « devra avoir l’aval de l’Onu ». Pour Athènes, les éléments du problème sont simples : les États-Unis ne pourront pas assurer sans l’Onu la stabilité et la reconstruction de l’Irak à l’issue de la guerre. « L’identification aux yeux des Irakiens et du monde arabe des responsables de la reconstruction de l’Irak avec les agresseurs va saper toute la reconstruction », a lancé M. Simitis, s’adressant au groupe socialiste du Parlement européen, réuni à Athènes. Une reconstruction par « les agresseurs » serait « dangereuse » et « nous tirons la sonnette d’alarme », a pour sa part insisté le porte-parole du gouvernement grec Christos Protopapas lors d’un point de presse quotidien. Ces débats font suite à la diffusion par le Guardian mardi d’une information selon laquelle l’Administration Bush préparerait en secret au Koweït un gouvernement de 23 ministères qui seraient dirigés par des Américains et prendraient leur fonction au fur et à mesure que les régions « tombent ». Concernant les relations avec les pays européens opposés à la guerre, M. Straw a estimé que « nous nous trouvons dans une nouvelle phase des relations avec nos amis en Europe, et également ailleurs ». « Les gouvernements d’Allemagne et de la France ont maintenant dit clairement qu’ils espèrent voir une action militaire arriver à une conclusion satisfaisante avec une victoire de la coalition », a-t-il encore souligné. Powell : L’Amérique et l’Europe vont travailler ensemble Le secrétaire d’État américain Colin Powell a également assuré qu’Européens et Américains travailleront ensemble pour reconstruire l’Irak après la guerre. « Je n’ai aucun doute que, quelles que soient leurs vues sur la guerre, l’Amérique et l’Europe vont travailler ensemble pour aider les peuples d’Irak libéré et donner un meilleur avenir à la région », a dit M. Powell. « Les États-Unis croient avec force qu’une Union européenne forte est bonne pour l’Europe, bonne pour l’Amérique et bonne pour le monde (...). Les défis du XXIe siècle ne peuvent pas être relevés par un seul gouvernement », a-t-il dit. Le secrétaire d’État américain a admis que la guerre en Irak avait créé « une période de tension au sein de la communauté transatlantique ». « On ne peut pas attendre par définition de la part de démocraties souveraines qu’elles marchent sur le même pas (...), (mais) les valeurs et les intérêts qui nous unissent seront plus forts que les questions qui nous divisent », a-t-il insisté. D’ailleurs, l’ambassadeur américain à Paris, Howard H. Leach, a déclaré, concernant les relations franco-américaines, qu’il fallait « tourner la page ».« Le gouvernement américain n’imposera pas de représailles économiques » à la France, a t-il poursuivi. Il a aussi affirmé que les États-Unis prendraient eux-mêmes les « décisions en fonction des intérêts des Irakiens » pour la reconstruction de l’Irak, s’ils remportent la guerre. Le ministre australien des Affaires étrangères Alexander Downer, en visite à Washington, a par ailleurs confirmé hier que les États-Unis étaient désormais prêts à laisser les Nations unies jouer un rôle dans l’Administration de l’Irak après la guerre.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le futur gouvernement de l’Irak, après le régime du président Saddam Hussein, ne comprendra pas d’étrangers, a assuré hier le ministre britannique des Affaires étrangères Jack Straw à la BBC-radio. M. Straw mène actuellement de nombreuses discussions sur la question avec ses homologues et prévoit d’évoquer la question avec ses homologues russe et français, Igor Ivanov et Dominique de Villepin, aujourd’hui à Bruxelles, où se réunissent les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne et de l’Otan, en présence du secrétaire d’État américain Colin Powell. « Il pourrait y avoir des conseillers d’autres pays, mais il n’y aura pas d’étrangers dirigeant un gouvernement irakien. Ce n’est pas l’objectif de l’action (en cours) », a ajouté le chef de la diplomatie britannique. Le type...