L’ambassade de Suisse a annoncé le report de la visite au Liban d’une délégation économique présidée par le secrétaire d’État à l’Économie qui devait avoir lieu cette semaine. L’ambassadeur à Beyrouth, Thomas Litscher, a expliqué que la décision avait été prise en raison de la situation régionale tout en ajoutant que le projet était maintenu pour l’automne prochain. « Depuis mon arrivée à Beyrouth, il y a sept mois, j’ai découvert que les relations entre la Suisse et le Liban étaient beaucoup plus développées que je ne l’imaginais », dit-il à L’Orient-Le Jour. D’où l’envie d’organiser un événement qui souligne les aspects économiques et culturels de ces relations. Au chapitre artistique, l’exposition des « vaches à peindre » au centre-ville est, à l’origine, une idée suisse, née à Zurich en 1998 et reprise ensuite à travers le monde. Au chapitre social de la semaine suisse figurait un concert et un dîner réunissant notamment les Libanais qui ont fait leurs études en Suisse. « Deux ministres libanais, Élias Murr et Jean-Louis Cardahi, en font partie. Et nos écoles hôtelières accueillent en ce moment une quarantaine de Libanais », explique l’ambassadeur. Une grande soirée de gala était prévue à l’hôtel Mövenpick, une chaîne suisse, qui constitue un peu la « vitrine » de la Confédération helvétique au Liban, selon Thomas Litscher. Le programme a finalement été réduit. Le point fort de la semaine suisse devant être la visite de la délégation économique composée de représentants du secteur public et du secteur privé, avec une vingtaine d’entreprises. La Suisse est en effet un débouché important pour les exportations libanaises. « Elle était même le premier marché d’exportation en 2002, selon les statistiques libanaises », souligne l’ambassadeur, selon qui il existe des différences entre les rapports douaniers libanais et suisses. Selon les chiffres suisses, les importations en provenance du Liban représentent 160 milliards de livres, tandis que l’administration libanaise annonce le double. C’est la bijouterie et les métaux précieux qui arrivent en tête des exportations libanaises vers la Suisse. Mais souvent il s’agit de produits importés de la Confédération qui subissent une transformation au Liban et sont réexportés. « Les rouages des montres en sont un exemple. » En contrepartie, le Liban importe de Suisse des marchandises pour 230 milliards de livres. Il s’agit de produits pharmaceutiques, de métaux précieux et de bijouterie ainsi que de machines servant à l’industrie de la joaillerie. Autre produit d’importation : les voitures usagées. « J’étais surpris de voir autant de véhicules suisses dans les rues libanaises. Mais j’ai vite compris que l’étiquette « CH » correspondait à des véhicules importés ! », commente l’ambassadeur avec un sourire. Les relations économiques entre les deux pays se limitent essentiellement à des relations commerciales. Les ciments Holcim sont l’un des rares exemples d’investissement suisse au Liban. La présence de cette entreprise remonte aux années 1930, à l’époque ou la Suisse avait ouvert à Beyrouth un office commercial pour la région. « L’idée à l’époque était de baser à Beyrouth les sièges régionaux de nos grandes entreprises. La guerre a mis un terme à tout cela et, depuis, la situation antérieure ne s’est pas rétablie. » L’objectif de la visite de la délégation économique est de mettre en lumière les domaines dans lesquels il existe un potentiel inexploité, poursuit Thomas Litscher. « Certains secteurs sont bien couverts, mais dans les domaines qui touchent à l’environnement, le traitement des eaux usées ou l’utilisation de l’énergie solaire, la Suisse est à la pointe de la technologie et pourrait obtenir des contrats au Liban. » S.R.
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