Des forces spéciales américaines sont arrivées en nombre au Kurdistan d’Irak, débarquant de quatre avions dans la nuit de samedi à dimanche, en vue de l’ouverture d’un front nord en Irak, a indiqué dimanche un haut responsable kurde. C’est la première fois qu’une arrivée par avion d’un groupe relativement important de troupes américaines est annoncée au Kurdistan. Des forces spéciales y sont présentes depuis plusieurs semaines mais c’est la première fois que l’usage de cet aéroport remis en état par les Kurdes est signalé. Les forces américaines ont bombardé dimanche à l’aube des positions, dans le nord de l’Irak, tenues par Ansar al-Islam, un groupe kurde islamiste soupçonné d’avoir des liens avec el-Qaëda. Au moins quatre bombes sont tombées sur la zone et une offensive terrestre des combattants kurdes de l’UPK devrait prochainement être lancée, a indiqué un responsable de cette organisation kurde alliée de Washington. Le président américain George W. Bush a affirmé dimanche que le message à la Turquie, de ne pas faire entrer de troupes dans le nord de l’Irak, était « très clair ». « Nous avons fait savoir très clairement aux Turcs que nous attendions d’eux qu’ils n’entrent pas dans le nord de l’Irak. Nous sommes en contact continu avec les militaires turcs comme avec les responsables politiques turcs. Ils sont au fait de notre politique », a ajouté M. Bush à des journalistes, à son retour à la Maison-Blanche, après un week-end passé dans la résidence présidentielle de Camp David (Maryland). « Et ils savent que nous travaillons avec les Kurdes afin de nous assurer qu’il n’y aura pas là-bas (dans le Kurdistan irakien) d’incident qui leur donnerait une excuse d’entrer » dans le nord de l’Irak, a-t-il précisé. À Ankara, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré pour sa part hier que la Turquie est en accord avec les États-Unis sur toutes les questions relatives à l’Irak et sur la volonté d’Ankara d’envoyer des troupes dans le nord de ce pays. « Les arrangements militaires que nous allons faire dans une zone tampon limitée au-delà de la frontière (turque) visent à contenir un possible afflux de réfugiés (...) et d’empêcher certaines provocations visant notre sécurité », a-t-il dit. M. Erdogan, qui a souligné que la sauvegarde de l’intégrité territoriale de l’Irak voisin était essentielle, a ajouté que « sur toutes ces questions » la Turquie et les États-Unis étaient parvenus à un accord. Le « missile » de fabrication israélienne retrouvé à Bagdad est un leurre Le « missile » de fabrication israélienne retrouvé à Bagdad après quatre jours des bombardements américano-britanniques est en fait un leurre lancé par un avion américain destiné à détourner les tirs de DCA, a indiqué hier aux médias la compagnie qui l’a produit. Auparavant, la télévision irakienne avait annoncé qu’un « missile de fabrication israélienne avait été retrouvé parmi les missiles tirés par les forces qui bombardent Bagdad ». Il s’agit selon la compagnie d’un leurre (air launched decoy) de type « Tald », destiné à tromper la DCA en simulant l’apparition d’un avion sur les radars de la partie adverse. Le « Tald », qui est muni d’ailes pour planer, est lancé par des appareils en opération. Hoon craint l’utilisation d’armes chimiques pour défendre Bagdad Les forces de la coalition « progressent rapidement vers le nord », mais pourraient rencontrer de la résistance à l’approche de Bagdad, y compris sous la forme « d’armes chimiques ou biologiques », estimait hier le ministre de la Défense britannique, Geoff Hoon, sur BBC-radio. « Au moment où les forces (américano-britanniques) arrivent plus près de Bagdad, c’est un risque clair et c’est pour cela que je suis réticent à donner des prévisions à ce stade sur comment et quand elles arriveront à Bagdad », a-t-il déclaré. Il a indiqué qu’aucune tactique n’avait été adoptée pour prendre le contrôle de la capitale. Londres s’active pour obtenir des contrats de reconstruction en Irak Le ministère britannique du Commerce et de l’Industrie s’active pour décrocher des contrats dans le cadre de la reconstruction de l’Irak pour les entreprises britanniques, ont révélé hier plusieurs journaux britanniques. Patricia Hewitt, la ministre britannique du Commerce et de l’Industrie, a contacté la semaine dernière l’agence américaine pour le développement international (USaid). Les entreprises britanniques devraient, suite à cette intervention gouvernementale, participer à la reconstruction de l’Irak en tant que sous-traitants des contractants américains, affirme même le Sunday Telegraph. La USaid a lancé un appel d’offres pour des contrats d’un montant total de 900 millions de dollars dans le cadre de la reconstruction de l’Irak, selon le Wall Street Journal, une information non confirmée officiellement à Washington.
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