Bouclier humain. Voilà un bien beau métier que les universités du monde seraient bien inspirées d’intégrer à leur cursus académique. Un boulot pépère, bronze-idiot, hypermédiatisé, où le cobaye volontaire gagne son obus à la sueur de sa chair à canon. Mais les temps sont durs et les dictateurs amateurs de viande fraîche de moins en moins nombreux. Y a qu’à regarder la carte : un barbu décrépit dans les Caraïbes, un bigleux à talonnettes à l’autre bout de la péninsule coréenne, et quelques vestiges archéologiques éparpillés entre l’Afrique et le monde arabe. Bigre ! La peste démocratique menace... Alors forcément, c’est la ruée des boucliers humanoïdes vers Bagdad où le Moustachu local, résistant vaillamment aux 320 000 G.I.’s, leurs chars, leurs bombardiers, leurs MacDo et leurs chewing-gums, s’est finalement laissé convaincre par Talal Arslane d’envoyer ses joujoux mortels à la casse. Des millions de dollars croqués pour rien pendant que d’autres millions, des Irakiens ceux-là, se crèvent la dalle pour trouver de quoi bouffer tout en se forçant à applaudir le Bouffon. Là, au milieu de l’hystérie collective, Saddam harangue une foule au bord de l’orgasme. Porté par la nation entière, il ne lui reste plus qu’à faire pleuvoir et à guérir les lépreux et les paralytiques. Mais pour les boucliers sur pattes, le programme des réjouissances ne manquait pas de sel. Et pour cause : c’était Mister Saladin qui choisissait les sites. Les niaiseux aériens croyaient protéger de leur torse bombé les écoles et hôpitaux ? Bernique ! Abou Koussaï & Oudaï SARL leur propose la cueillette des missiles tout près des casernes et des antennes satellitaires. Des objectifs que justement les Américains se préparent à transformer en parking. Mais tant va la cruche bernée, qu’à la fin elle se casse. Les remparts du siècle remballent leur neurone unique et s’en retournent chez eux le sternum orphelin. Bouclier humain, c’est un métier usant. On commence droit dans ses bottes, on finit maladroit dans ses pantoufles. Gaby NASR
Bouclier humain. Voilà un bien beau métier que les universités du monde seraient bien inspirées d’intégrer à leur cursus académique. Un boulot pépère, bronze-idiot, hypermédiatisé, où le cobaye volontaire gagne son obus à la sueur de sa chair à canon. Mais les temps sont durs et les dictateurs amateurs de viande fraîche de moins en moins nombreux. Y a qu’à regarder la carte : un barbu décrépit dans les Caraïbes, un bigleux à talonnettes à l’autre bout de la péninsule coréenne, et quelques vestiges archéologiques éparpillés entre l’Afrique et le monde arabe. Bigre ! La peste démocratique menace... Alors forcément, c’est la ruée des boucliers humanoïdes vers Bagdad où le Moustachu local, résistant vaillamment aux 320 000 G.I.’s, leurs chars, leurs bombardiers, leurs MacDo et leurs...
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