Alors que la crise irakienne monopolise l’attention des grands et des petits de ce monde, une menace, autrement plus périlleuse qu’on veut bien le dire, se profile dans la péninsule coréenne, avertit Nicholas Kristof dans un éditorial publié mardi dernier dans les colonnes du New York Times. « La Maison-Blanche, tout occupée à maintenir l’attention du monde sur l’Irak, n’a même pas pris la peine de nous informer de l’existence d’images satellite montrant la reprise de la transformation de plutonium par la Corée du Nord », explique M. Kristof. C’est grâce à l’élaboration d’un scénario catastrophe dont des extraits suivent que M. Kristof met en lumière les dangers de cette crise étouffée par la Maison- Blanche : « 14 février : la CIA confirme que Pyongyang transforme du plutonium, rendant une frappe préventive plus difficile en raison des risques de fuites radioactives. 15 février : “ce n’est pas une crise”, tempère la Maison-Blanche. 17 mars : la Corée du Nord annonce la reprise des tests de missiles. Dix jours plus tard, elle lance un missile à deux étages Taepodong 2 qui survole le Japon. La CIA avertit qu’une version à trois étages du Taepodong 2 pourrait atteindre les États-Unis. Le lendemain la Maison-Blanche déclare : “Ce n’est pas une crise majeure”. 7 avril : pour l’anniversaire du grand leader Kim Il Sung, Pyongyang relance la construction d’un réacteur nucléaire Taechon capable de produire du plutonium pour 44 têtes nucléaires par an. 10 juillet : la Corée du Nord teste un engin nucléaire, les marchés boursiers plongent, de grandes banques japonaises sont au bord de la faillite. La Maison-Blanche déclare : “Ce n’est pas une crise monumentale”. 20 juillet : avec des stocks cachés de plutonium, la Corée du Nord commence à faire pression sur Washington pour imposer la négociation d’une solution globale à la crise. Des acheteurs nucléaires libyens et iraniens sont repérés à Pyongyang. Réaction de la Maison-Blanche : “Il ne faut pas exagérer l’ampleur de la crise”. Rumsfeld présente toutefois trois options militaires au président Bush. Les services de renseignements estiment en outre que Pyongyang répondra à une frappe américaine même minimale par le lancement de missiles conventionnels sur le Japon et transformera Séoul en “mer de feu”. Pour la CIA, Pyongyang pourrait rapidement utiliser des armes biologiques et chimiques. On s’attend à une nouvelle guerre coréenne qui pourrait faire un million de victimes. 17 août : Bush appelle Powell : “Si seulement j’avais suivi, il y a deux ans, tes invitations à affronter le régime nord-coréen. Et si, en février dernier, nous avions ouvert les négociations. Je suis désolé Colin, on a tout foiré…” Puis Colin Powell se réveille et réalise que ce n’était… qu’un rêve. » E.S.
Alors que la crise irakienne monopolise l’attention des grands et des petits de ce monde, une menace, autrement plus périlleuse qu’on veut bien le dire, se profile dans la péninsule coréenne, avertit Nicholas Kristof dans un éditorial publié mardi dernier dans les colonnes du New York Times. « La Maison-Blanche, tout occupée à maintenir l’attention du monde sur l’Irak, n’a même pas pris la peine de nous informer de l’existence d’images satellite montrant la reprise de la transformation de plutonium par la Corée du Nord », explique M. Kristof. C’est grâce à l’élaboration d’un scénario catastrophe dont des extraits suivent que M. Kristof met en lumière les dangers de cette crise étouffée par la Maison- Blanche : « 14 février : la CIA confirme que Pyongyang transforme du plutonium, rendant une...
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