Après une série d’écarts de conduite et notamment l’élimination prématurée en Coupe de France face à Libourne-Saint-Seurin (CFA), Lyon se doit de renouer, face à Marseille, avec le fil de ses ambitions. Et quoi de mieux qu’une rencontre au sommet – l’OM arrive à Gerland en leader du championnat de France de football – pour se remobiliser ? « C’est un match à trois points, d’abord, résume Grégory Coupet, mais on ne peut nier qu’il y a une grosse pression. » Car avec les désillusions en chaîne des dernières semaines, les champions de France n’ont pas le choix. Éliminés dès l’automne des Coupes d’Europe et de la Coupe de France dès son entrée en lice, et avec un match délicat à venir en Coupe de la Ligue chez sa bête noire, Sochaux, ils doivent se concentrer sur l’objectif majeur : le championnat. Or, dans cette compétition aussi, ils ne sont pas au mieux. Certes, la situation n’est pas mauvaise – cinquième à deux points de l’OM –, mais les dernières sorties de 2002 en championnat ont laissé des traces. Au point de vue comptable, en se faisant rejoindre par Montpellier et par Sedan (1-1) dans les ultimes secondes de la partie, ils ont laissé filer deux victoires que leur supériorité sur le terrain laissait entrevoir. À chaque fois, une erreur de défense en fin de rencontre a tout gâché. Or sans ces quatre points envolés, l’OL serait un leader serein. Au lieu de cela, les champions de France affichent une cote en nette baisse. « Entamer une réaction » « Nous sommes sereins malgré tout. Nous avons une grosse volonté de faire un gros match et de prouver à nouveau ce que nous valons », lance Grégory Coupet, qui gardera pour la 200e fois les buts de l’OL en Ligue 1 ce soir. Dans la tempête, les Lyonnais font le dos rond. Comme l’an passé à la même époque car l’histoire se répète. Humiliés sur leur terrain par Châteauroux (0-2) en 16es de finale de la Coupe de France, l’OL avait relevé la tête cinq jours plus tard face à l’OM. « On peut essayer de se rassurer avec cela, indique Grégory Coupet. Mais ce n’est pas suffisant. On ne sait qu’une chose à présent : on doit réagir et assurer une continuité derrière. Il faut entamer cette réaction. » Son parcours atypique (victoire à Milan, 1-2, et défaite à Libourne 0-1) amène sur le groupe son lot de critiques. Les supporters ne sont pas les derniers et l’accueil de Gerland, où le match se jouera à guichets fermés, s’annonce aussi froid que la température ambiante. « À nous de leur prouver que les choses ne sont pas terminées et que l’on a des choses encore à faire cette année, explique Philippe Violeau, le capitaine. Il y a des moments difficiles et on doit tous les passer ensemble. On aura besoin d’eux. » « Les critiques touchent toujours. Mais on accepte bien les louanges, donc il faut accepter ce qui se dit quand cela ne va pas. On l’a vécu l’an passé au final, un titre, alors... », constate Éric Carrière. « Je n’ai pas envie de penser à la défaite et à la crise qui pourrait suivre. Le coach et le staff font beaucoup de boulot depuis le début. Au niveau du jeu, on fait quand même de belles choses. » Manque d’enthousiasme Certains reconnaissent plus aisément les défauts de l’équipe, à l’image de Jérémy Bréchet, qui esquisse une explication. « Une fois encore à Libourne, on ne s’est pas assez bougé. On a joué trop bas et on n’a pas assez pris à la gorge notre adversaire. Il nous manque de l’enthousiasme et on accuse un petit manque de confiance et d’assurance », reconnaît l’international. Pour cette rencontre au sommet, l’OL sera privé de nombre de ses titulaires dont son buteur Sonny Anderson qui, suite au match de Sedan et son claquage à l’adducteur droit, est forfait jusqu’à mi-février. Manqueront également à l’appel Claudio Caçapa, qui soigne toujours sa déchirure à la cuisse, et Christophe Delmotte, victime d’un problème au tendon. Éric Carrière (tacle appuyé à Sedan) et Vikash Dhorasoo (problème aux adducteurs) n’étaient pas du match de Coupe de France. Si le second est déclaré bon pour le service, le premier est très incertain, même s’il fait partie du groupe de 18 joueurs mobilisés.
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