Le constructeur allemand BMW, propriétaire de Rolls-Royce depuis le 1er janvier, a dévoilé à la fin de la semaine dernière en Grande-Bretagne le nouveau modèle de cette marque de légende, qui tente le pari audacieux de concilier l’héritage britannique et la technologie germanique. Si la nouvelle Rolls fera sa première apparition publique la semaine prochaine au Salon de Detroit – 40 % des ventes devraient se faire aux États-Unis – le joyau de BMW était présenté aux journalistes vendredi après-midi dans l’usine flambant neuve de Goodwood (sud de l’Angleterre), où il est assemblé. Plus longue que l’ancien modèle, la nouvelle Rolls-Royce, baptisée « Phantom », sera propulsée par un puissant V12 de 6,75 litres de cylindrée qui devrait assurer à cette luxueuse limousine de 2,35 tonnes des performances dignes... d’une BMW : 240 km/h en vitesse de pointe, de 0 à 100 km/h en moins de 6 secondes. Mais on n’achète pas une Rolls pour ses accélérations: la nouvelle voiture conservera le confort, le raffinement et le sens du détail typiquement « British » auxquels les riches inconditionnels sont si attachés, assurent ses concepteurs. Sans surprise, bois précieux, cuirs et cachemire abondent dans l’habitacle. À l’arrière, de petits parapluies télescopiques spécialement conçus se cachent dans les portières, une délicate attention qui vise sans doute surtout la Grande-Bretagne, deuxième marché de Rolls... Technologie de pointe Gènes allemands obligent, la voiture fait appel à une technologie de pointe: moteur au couple de camion et à la consommation – relativement – réduite (15,9 litres aux 100 en moyenne, selon le constructeur), système de navigation et autres aides à la conduite. Le fameux emblème « Spirit of Ectasy » qui orne la calandre, si prisé des voleurs et collectionneurs, est désormais rétractable électroniquement. Autre innovation: les portières arrière s’ouvrent « à l’envers », vers l’avant, comme sur les anciennes Rolls classiques, pour faciliter la montée et la descente. « Il n’y a aucun rapport entre la conduite de la nouvelle Rolls-Royce et celle d’une BMW », a insisté le directeur de projet, Tony Gott, soucieux de faire taire les mauvaises langues qui craignent une dissolution de l’« âme » des Rolls. « Lorsque les gens achètent une Rolls-Royce, ils achètent un produit sans équivalent dans la production automobile, a-t-il expliqué. Les gens vont s’en rendre compte dès qu’ils la verront. » La « Phantom » sera assemblée et peinte par 350 employés triés sur le volet, dans l’usine ultramoderne construite par le constructeur munichois à Goodwood, à quelques miles de l’ancienne demeure de Sir Henry Royce, cofondateur de la marque avec Charles Rolls en 1904. Mais loin du site historique de Crewe (nord de l’Angleterre), où les Rolls étaient assemblées à la main depuis 1946 et où le géant allemand Volkswagen continue de fabriquer des Bentleys. BMW espère en produire un millier par an, au prix unitaire de 320 000 euros (hors taxes). Le nouveau modèle devrait constituer le vaisseau amiral de la marque mythique qui s’avère en perte de vitesse dans son propre pays: 29 voitures vendues au Royaume-Uni pendant les 11 premiers mois de 2002, contre 60 en 2001 et 76 en 2000. Au pinacle de l’aristocratie automobile, où la marque et sa cousine Bentley ont longtemps trôné sans partage, Rolls-Royce devra désormais composer avec une rivale de poids et d’un prix comparable : la « Maybach », dernière-née du constructeur germano-américain DaimlerChrysler. Qui vient chasser directement sur les terres peu fréquentées du « très grand luxe » automobile.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le constructeur allemand BMW, propriétaire de Rolls-Royce depuis le 1er janvier, a dévoilé à la fin de la semaine dernière en Grande-Bretagne le nouveau modèle de cette marque de légende, qui tente le pari audacieux de concilier l’héritage britannique et la technologie germanique. Si la nouvelle Rolls fera sa première apparition publique la semaine prochaine au Salon de Detroit – 40 % des ventes devraient se faire aux États-Unis – le joyau de BMW était présenté aux journalistes vendredi après-midi dans l’usine flambant neuve de Goodwood (sud de l’Angleterre), où il est assemblé. Plus longue que l’ancien modèle, la nouvelle Rolls-Royce, baptisée « Phantom », sera propulsée par un puissant V12 de 6,75 litres de cylindrée qui devrait assurer à cette luxueuse limousine de 2,35 tonnes des performances...