Les cinéastes sont allés chercher leur inspiration un peu partout cette semaine. Chasse au trésor au Canada, meurtre et suspense à Moscou, désillusions pour les jeunes Américains, mais surtout prédominance d’un cinéma asiatique qui, même lorsqu’il est financé par les majors (grands studios hollywoodiens), n’en demeure pas moins parfaitement original et toujours surprenant. Le cinéma de Hong Kong est devenu une référence obligée en ce qui concerne le cinéma asiatique. Ce fut une véritable pépinière de talents dont John Woo, depuis installé à Hollywood, l’acteur Chow-Yun Fat et quelques autres. Et non des moindres. Cette semaine nous permettra de découvrir Shadow of China de Mitsuo Yanagimachi. Le film est, certes, construit sur un schéma très hollywoodien avec tout ce que cela comporte de rebondissements, de suspense et d’action mais au-delà des apparences, le film est très révélateur d’un certain état d’esprit qui prévalait à une époque où Hong Kong avait été amputée à la Chine. Le personnage principal Henry Wong (interprété par John Lone qui devait, par la suite, incarner le dernier empereur dans le film de Bertolucci et partir, lui aussi, pour Hollywood) est un Chinois qui se réfugie à Hong Kong en 1976 pour fuir le régime communiste. Là, il va progressivement construire un empire financier dont il sera le patron mais son passé va le rattraper et les conséquences en seront dramatiques. Diffusion lundi à minuit sur LBCI Bien que Battle Beyond the Stars soit un film américain, son réalisateur Jimmy T. Murakami est d’origine asiatique. En s’inspirant visiblement des Sept samouraïs, un des joyaux du cinéma japonais réalisé par le grand Kurosawa, ce film qui s’intitula en France Les mercenaires de l’espace raconte le triste sort des paisibles habitants de la planète Akir, sans cesse harcelés par une bande d’exterminateurs. Pour se défendre, ils recrutent des mercenaires d’autre galaxie... Les effets spéciaux (le film datant de 1980) sont peut-être aujourd’hui plus sophistiqués, mais il n’empêche que cette petite production de Roger Corman (le spécialiste des films de série B) servit de modèle à beaucoup d’autres films des mêmes studios. Et, ironie du sort, Robert Vaughan qui fit partie des Sept mercenaires (The Magnificent Seven) se retrouve ici dans le même emploi... Diffusion lundi à minuit sur Future TV Gloire et désillusion, ainsi peut se résumer le scénario de Everybody’s all American que Taylor Hackford, le réalisateur de Officer and Gentleman, a tiré du roman de Frank Deford. Le film s’étend sur les vingt-cinq années de la vie conjugale d’un couple. Lui a été dans sa jeunesse le héros de l’équipe de football de son collège. Elle a été élue reine de beauté de la petite ville où ils habitaient. Ils se sont mariés mais la vie n’a pas été toujours rose pour eux... Le couple est interprété par Dennis Quaid et Jessica Lange. Si le premier semble être toujours conscient de la caricature qu’il va devenir en finale, elle, par contre, se glisse avec beaucoup de sensibilité dans un personnage doux-amer. Elle contribue à donner au film sa véritable dimension humaine. Diffusion mardi à minuit sur Future TV Après la Chine et Shadow of China, autre dépaysement avec Mute Witness que l’Anglais Anthony Waller alla réaliser à Moscou, non sans raison: les conditions de tournage dans les studios délabrés de ce qui fut l’empire soviétique permettaient au jeune metteur en scène de faire ses débuts à l’écran. Anthony Weller a opté pour un «suspense» et le résultat est assez surprenant. Une jeune femme agressée par un maniaque. La caméra se braque sur elle, sur ses efforts désespérés pour atteindre le téléphone. On se dit que tout ça n’est guère vraisemblable. Et puis on s’éloigne et on s’aperçoit qu’il s’agissait du tournage d’un film bon marché, par une équipe de jeunes Américains. Pour une bouchée de pain, ils ont loué un vaste studio à Moscou. Or, ce soir-là, la maquilleuse s’attarde et assiste à un véritable meurtre. Unique témoin, elle va tenter d’avertir ses amis, la police. Aventure d’autant plus folle que la frêle Billy est muette. Russe et encore inconnue, Marina Sudina est bouleversante. Elle est l’héroïne de ce suspense du réalisateur britannique Anthony Waller, découvert à la Semaine de la critique du Festival de Cannes en 1994. Un cauchemar paranoïaque qui nous entraîne dans les mystères nocturnes de Moscou. Le scénario plein de trouvailles et de rebondissements nous tient en haleine, mieux que celui du dernier James Bond! Diffusion mercredi à minuit sur LBCI Autre dépaysement garanti: Magic in the Water du Canadien Rick Stevenson, qui a choisi de raconter une légende de son pays. Dans la communauté de Glenorky, un petit village perdu dans l’arrière pays canadien, un bon nombre d’habitants est persuadé qu’un monstre vit dans les eaux du lac voisin. Un médecin divorcé, le Dr Jack Black, débarque dans le petit village avec ses enfants, en vacances. Intrigué par les récits des résidents, le Dr Black se demande s’il n’y aurait pas une part de vérité dans ce qui se raconte. Effectivement, il y a de «la magie» dans les eaux du lac. D’où le titre du film. Il est regrettable que ce spectacle, destiné à une audience familiale, soit diffusé si tard dans la soirée, bien que le film soit démuni de «la magie» que l’on trouve dans les productions de Disney. Diffusion jeudi à minuit sur LBCI Avec, au générique, les noms de Demi Moore, Melanie Griffith, Lolita Davidovich, Bonnie Hunt, on avait le droit de s’attendre au meilleur. New and Then que Demi Moore produisit personnellement et qu’une femme, Lesli Linka Glatter, réalisa a été visiblement conçu pour plaire à un public féminin. Il y est question de souvenirs d’enfance, d’amitié, le tout teinté de nostalgie. Samantha, Teeny, Chrissy et Roberta, la trentaine, se retrouvent dans leur village d’enfance de l’Indiana à l’occasion de la naissance du bébé de Chrissy. L’opportunité de faire le point sur leur vie et de se remémorer leurs souvenirs d’adolescentes. Notamment en cet été 1970, où elles avaient décidé de gagner de l’argent pour s’acheter une luxueuse cabane, prix d’une plus grande indépendance. Un été pourtant difficile pour Samantha, bouleversée par le divorce de ses parents. Définie abusivement comme le Stand By Me au féminin, cette chronique inédite n’en est qu’une vague copie. Une collection de clichés, de sentences conformistes, dans une mise en scène totalement impersonnelle. Diffusion vendredi à minuit sur LBCI Retour à la Chine pour un film d’un très grand metteur en scène asiatique Wayne Wong, qui a glané dernièrement de nombreuses récompenses dans les festivals internationaux et non des moindres. Admis dans le cercle des grands réalisateurs internationaux, Wayne Wong n’en continue pas à ne s’intéresser qu’aux problèmes de ses compatriotes et de réaliser des films qui ne se coulent dans un aucun moule défini. C’est notamment le cas de Eat a Bowl of Tea qui se déroule à la fin de la Seconde Guerre mondiale. À cette époque-là, les femmes chinoises, dans leur grande majorité, n’étaient pas autorisées à accompagner leur époux qui émigraient aux États-Unis. Ben Loy Wang, profitant de la dispense accordée aux Chinois nés aux États-Unis, décide de revenir en Chine pour y choisir une épouse. Son choix se porte sur Mei, qu’il épouse et ramène avec lui à New York. Mais là, le jeune homme apprend qu’il ne peut avoir d’enfants... Or, Mei découvre qu’elle est enceinte... C’est là un parfait exemple du cinéma de Wayne Wong, parfaitement subtil, toujours intelligent et lucide et qui porte sur sa communauté un regard d’observateur intègre et impartial. Une découverte pour ceux qui ne connaissent par Wayne Wong. Diffusion samedi à minuit sur LBCI Encore un film américain sur le désenchantement et les rêves perdus. Dans Big Wednesday de John Milius, ils sont trois copains dont la passion sportive est de surfer sur les grandes vagues qui déferlent sur la côte du Pacifique. L’un d’entre eux est un macho autodestructeur, qui s’amuse de tout et de rien. Après un début assez languissant qui se déroule durant les années 60, le film prend toute sa dimension dramatique dans les années 70, lorsque nous retrouvons les jeunes gens devenus adultes et sans illusions quant à leur avenir. Cela dit Big Wednesday est le surnom donné à une série de vagues qui ne déferlent sur la Californie qu’une fois l’an et que tous les amateurs de surf guettent avec impatience. Diffusion dimanche à minuit sur Future TV
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