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Actualités - Chronologie

Grèce La part des dépenses militaires va baisser

La classe ouvrière qui, dans le passé, se tenait à l’écart des grandes mobilisations contre le pouvoir de Slobodan Milosevic est devenue un atout puissant de l’opposition dans sa lutte visant à évincer le président yougoslave. Dans l’ex-fédération yougoslave à l’agonie et à l’économie moribonde, les ouvriers avaient été séduits par les discours nationalistes et populistes de Slobodan Milosevic ou encore par le franc-parler de l’ultranationaliste Vojislav Seselj. Les contestations orchestrées tout au long de la dernière décennie par l’opposition impliquaient surtout la classe moyenne, les intellectuels et les étudiants, la classe ouvrière se tenant plutôt à l’écart. Mais au fil des désillusions apportées par les guerres, l’appauvrissement général, la corruption de leaders qui promettaient inlassablement un avenir meilleur, la classe ouvrière semblait abandonnée à son sort. Jusqu’au scrutin du 24 septembre. L’Opposition démocratique de Serbie (DOS) propose à l’électorat Vojislav Kostunica, un politicien jugé honnête, nationaliste et légaliste. Le courant, visiblement, est passé entre le nouveau leader et la population au cours de la campagne électorale, y compris avec les ouvriers. Ces derniers sont aujourd’hui, avec les jeunes, à l’avant-garde de la contestation en Serbie. Ils pourraient, vu l’ampleur de la mobilisation, représenter l’un des atouts majeurs de l’opposition dans son combat contre Milosevic. Trois jours avant le début, lundi, de la campagne de désobéissance à laquelle a appelé la DOS, les 7 500 mineurs du complexe minier à ciel ouvert de Kolubara lançaient un mouvement de grève pour protester contre le refus de M. Milosevic de reconnaître la victoire à la présidentielle de son rival de l’opposition. Le chef d’état-major de l’armée yougoslave, le général Nebojsa Pavkovic, s’est rendu en personne à la mine pour tenter, en vain, de convaincre les grévistes à reprendre le travail. Juste après, le gouvernement serbe avertit qu’il «empêchera et punira» toute activité «subversive». Le parquet de Belgrade exige l’ouverture d’une enquête et l’interpellation des chefs de file de la grève de Kolubara. Les mineurs répondent : «Nous n’avons pas peur, on continue». Une intervention de la police, qui a investi la mine mercredi sans conflit, provoque la réaction immédiate de milliers de manifestants des villes avoisinantes, Belgrade compris, qui se rendent sur le site pour soutenir les mineurs. Sous la pression, les forces de sécurité se retirent. La grève dans cette mine stratégique devient un des symboles forts de la contestation générale. Elle fait boule de neige. Une autre mine de charbon, à Kostolac (4 500 employés), près de Pozarevac, à l’est de Belgrade, s’est aussi mise en grève. Les 3 000 travailleurs des mines de cuivre de Majdanpek (sud-est de la Serbie) ont aussi cessé le travail mercredi, selon Ljubisa Peric, président du syndicat indépendant de ce complexe minier. Ils entendent, comme leurs collègues, poursuivre le mouvement jusqu’à la reconnaissance de la victoire électorale de M. Kostunica. Les mines de cuivre de Majdanpek et de Bor sont parmi les plus importantes d’Europe. Dernier gros maillon de la contestation ouvrière : Kragujevac, dans le centre de la Serbie, où les ouvriers des usines Zastava (1 500 employés) ont aussi arrêté le travail. Ce complexe comprend notamment des usines de construction automobile et de fabrication d’armes.
La classe ouvrière qui, dans le passé, se tenait à l’écart des grandes mobilisations contre le pouvoir de Slobodan Milosevic est devenue un atout puissant de l’opposition dans sa lutte visant à évincer le président yougoslave. Dans l’ex-fédération yougoslave à l’agonie et à l’économie moribonde, les ouvriers avaient été séduits par les discours nationalistes et populistes de Slobodan Milosevic ou encore par le franc-parler de l’ultranationaliste Vojislav Seselj. Les contestations orchestrées tout au long de la dernière décennie par l’opposition impliquaient surtout la classe moyenne, les intellectuels et les étudiants, la classe ouvrière se tenant plutôt à l’écart. Mais au fil des désillusions apportées par les guerres, l’appauvrissement général, la corruption de leaders qui promettaient...