Le Premier ministre israélien Ehud Barak a sommé hier le président palestinien Yasser Arafat de choisir entre «le retour à la table des négociations» en vue d’un accord de paix et la poursuite de la «confrontation» avec Israël. «Arafat et l’Autorité palestinienne devront décider s’ils retournent à la table des négociations pour parvenir à la paix où s’ils vont dans la voie de la confrontation et de la violence», a déclaré M. Barak lors d’une conférence de presse à Tel-Aviv. «Ils devront être prêts à subir les conséquences de leur choix», a mis en garde M. Barak. Il a réaffirmé à cette occasion sa conviction que le président Arafat avait les moyens d’arrêter les violences s’il «donnait les ordres nécessaires à sa police et au Tanzim» le noyau armé du Fateh, le parti d’Arafat. «Nous continuerons d’agir avec toute notre force, guidés par trois principes : préserver la sécurité d’Israël, l’unité d’Israël et ce qui est sacré pour Israël», a martelé le chef du gouvernement. Le Premier ministre a évoqué auparavant, lors d’une cérémonie militaire, la possibilité d’un gouvernement d’union nationale avec la droite en cas de poursuite de la révolte des Palestiniens et de l’absence d’un accord de paix. «Nous devons continuer dans la recherche de la paix mais je ne suis pas sûr que nous ayons un partenaire. Si tel est bien le cas nous devons être unis pour faire face à des périodes difficiles», a déclaré M. Barak qui détient également le portefeuille de la Défense. De son côté, le président Bill Clinton a proposé aux Israéliens et aux Palestiniens de venir à Washington mardi prochain pour poursuivre les discussions de paix une fois conclu un accord sur l’arrêt des violences, a indiqué la déléguée de la Palestine à Paris, Leïla Shahid. Une telle réunion n’est toutefois envisageable qu’une fois que l’accord obtenu à Paris et signé en principe à Charm el-Cheikh sera respecté sur le terrain, a précisé la responsable palestinienne. Elle a estimé qu’il était prématuré de dire qui participerait à cette réunion de Washington. Sur le terrain, le commandant de la région centre d’Israël, qui couvre la Cisjordanie, le général Yitzhak Eytan, a évoqué quant à lui la possibilité que l’Autorité palestinienne proclame unilatéralement vers le 15 novembre l’indépendance dans la foulée de la révolte palestinienne. «Nous nous apprêtons à faire face à une telle éventualité», a déclaré le général aux journalistes. Un nouvel accord visant à mettre fin aux combats entre Israéliens et Palestiniens, entré en vigueur hier matin, était toujours en place dans la soirée, malgré plusieurs incidents qui ont fait deux morts chez les Palestiniens. Les deux morts ont été enregistrées à Netzarim, une véritable poudrière située dans la bande de Gaza, où les soldats israéliens ont tiré à plusieurs reprises sur de jeunes manifestants qui leur lançaient des pierres ou des bouteilles incendiaires, et à Bethléem (sud de la Cisjordanie) dans des circonstances similaires. Il y a également eu 12 blessés à Netzarim. Deux autres manifestants sont décédés des blessures subies les jours précédents, portant ainsi à 76 le bilan d’une semaine d’émeutes. Selon les termes de l’accord conclu hier, la police palestinienne doit empêcher les manifestants d’attaquer l’armée et celle-ci s’est engagée en contrepartie à ramener ses troupes et son équipement lourd sur les positions qui étaient les siennes avant le début des hostilités. À Ramallah (nord de la Cisjordanie), deux blindés qui avaient été déployés au nord de la ville ont ainsi quitté l’endroit dès la mi-journée pour être ramenés sur la base de Beit El, à quelques centaines de mètres de là. L’armée a annoncé qu’une mesure similaire avait été prise à Naplouse (nord de la Cisjordanie), où se trouve la Tombe de Joseph, un lieu saint juif enclavé dans cette ville palestinienne qui a été le théâtre de très violents combats, et dans toutes les villes de Cisjordanie. Les autorités israéliennes craignaient toutefois que l’accalmie enregistrée hier soit de courte durée, en raison de manifestations prévues par les principaux mouvements palestiniens pour aujourd’hui, jour où les fidèles se rendent en masse à la mosquée.
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