Les candidats à la vice-présidence, le républicain Dick Cheney et le démocrate Joe Lieberman, auront droit ce soir à un unique débat télévisé qui, sans être décisif, pourrait affaiblir ou renforcer les chances de George W. Bush ou d’Al Gore pour la Maison-Blanche. M. Cheney, ancien secrétaire à la Défense, peu charismatique, mais dont la compétence donne du poids au ticket Bush, affronte M. Lieberman, sénateur moraliste et jovial qui a contribué à revitaliser la campagne d’Al Gore. Le débat de 90 minutes, à Danville, Kentucky (sud-est), sera arbitré par Bernard Shaw de CNN. Comme prévu, l’un et l’autre ont loué mardi soir la performance des deux candidats respectifs à la présidence des États-Unis après leur premier débat. «Al Gore a été très fort, très optimiste, très présidentiel», a dit M. Lieberman. Jeudi soir, «je veux faire aussi bien que le gouverneur Bush», a affirmé Dick Cheney. Seuls les trois débats télévisés Gore-Bush seront déterminants pour les électeurs, estime le politologue Stephen Wayne. «Les vice-présidentiables peuvent renforcer l’un ou l’autre des candidats, mais je ne pense pas que leur débat sera essentiel», a déclaré ce professeur à l’université de Georgetown. Selon lui, il faut surtout pour eux ne pas faire d’erreur. Une bévue devant les caméras peut gêner le patron. Inversement, Al Gore ou George W. Bush peuvent tirer profit d’une bonne performance de leur colistier. Mais si, en 1988, le démocrate «Lloyd Bentsen, coéquipier de Michael Dukakis, se révéla beaucoup plus mûr que Dan Quayle», qui se compara à John Kennedy, c’est Dan Quayle qui devint le vice-président de George Bush. MM. Cheney et Lieberman se sont préparés à l’écart pour leur débat, le premier dans son État du Wyoming (nord-ouest), le second dans le Kentucky. Chacun a joué son rôle ces dernières semaines dans la campagne électorale. Fin juillet, M. Bush a choisi Dick Cheney, 59 ans, qui fut le secrétaire à la Défense de son père George Bush. Cet ex-chef d’état-major de la Maison-Blanche devait donner du poids à la candidature du gouverneur du Texas, relativement peu expérimenté. Mais M. Cheney a vite été attaqué par les libéraux pour son passé conservateur au Congrès et pour ses attaches financières avec l’industrie pétrolière. Le sénateur Lieberman, 58 ans, a contribué à affranchir Al Gore des effets du scandale Bill Clinton-Monica Lewinski. Ce juif orthodoxe pratiquant est apparu comme un témoin de moralité pour les démocrates et même certains républicains. Joe Lieberman manie plus facilement l’humour que son rival. Or les candidats au second rôle sont traditionnement chargés de lancer des piques au camp adverse. Mais, estime Timothy Walch, spécialiste de l’histoire de la vice-présidence, le débat ne devrait pas passionner les foules. «Ce sont deux hommes décents, polis, réfléchis». Le débat aurait eu un impact différent «si on avait eu un Noir ou une femme comme candidat», estime-t-il. Pourtant, un tel débat dénote le rôle croissant du vice-président, notamment depuis Bill Clinton qui a fait d’Al Gore son principal conseiller. La Constitution américaine ne lui accorde qu’un rôle honorifique, mais «les Américains veulent connaître la personnalité de celui qui peut remplacer le président», souligne M. Walch.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les candidats à la vice-présidence, le républicain Dick Cheney et le démocrate Joe Lieberman, auront droit ce soir à un unique débat télévisé qui, sans être décisif, pourrait affaiblir ou renforcer les chances de George W. Bush ou d’Al Gore pour la Maison-Blanche. M. Cheney, ancien secrétaire à la Défense, peu charismatique, mais dont la compétence donne du poids au ticket Bush, affronte M. Lieberman, sénateur moraliste et jovial qui a contribué à revitaliser la campagne d’Al Gore. Le débat de 90 minutes, à Danville, Kentucky (sud-est), sera arbitré par Bernard Shaw de CNN. Comme prévu, l’un et l’autre ont loué mardi soir la performance des deux candidats respectifs à la présidence des États-Unis après leur premier débat. «Al Gore a été très fort, très optimiste, très présidentiel», a dit M....