Le ton est encore monté d’un cran entre la junte ivoirienne et le parti de l’ancien Premier ministre Alassane Ouattara, chaque camp accusant l’autre, à quelques jours de l’annonce des candidatures retenues pour l’élection présidentielle. Dernier épisode en date, la «tentative d’enlèvement» de l’épouse de M. Ouattara et l’arrestation de plusieurs de ses gardes du corps, dénoncées mardi par son parti, la junte rétorquant qu’il s’agissait en fait d’une opération pour démanteler un réseau se préparant à semer le désordre dans le pays. Ce regain de tension intervient alors que la Cour suprême doit rendre publique, le 7 octobre, la liste des candidats retenus pour l’élection présidentielle du 22 octobre, liste dont les observateurs s’attendent que M. Ouattara soit exclu. Le capitaine de frégate Henri Sama, ministre de la Communication et membre de la junte, a directement accusé mardi le Rassemblement des républicains (RDR), parti de M. Ouattara, d’avoir l’intention de fomenter des troubles, «si jamais son candidat n’était pas retenu pour l’élection présidentielle». À cette fin, le RDR recrute, selon le capitaine Sama, «des loubards et certaines personnes capables de semer dans les jours qui viennent des actes qui peuvent mettre en péril l’équilibre social de ce pays». La télévision nationale a ainsi présenté dans la soirée neuf «agents recruteurs» ou «instructeurs», dont plusieurs des gardes du corps de M. Ouattara arrêtés plus tôt dans la journée, lors de ce que le RDR a dénoncé comme une «tentative d’enlèvement» de son épouse, Dominique Ouattara. Un Français et un Franco-Ivoirien figurent au nombre des interpellés. Dans une déclaration très dure, le capitaine Sama a répliqué que les forces de sécurité avaient en fait démantelé un réseau mis en place par le RDR aux fins de préparer «des actes de sabotage pour ne pas permettre que les élections aient lieu» en cas de rejet de la candidature de M. Ouattara. «S’ils veulent brûler le pays, on le brûlera ensemble et on ira voir les cendres ensemble», a tonné le capitaine Sama. «Nous savons que tous nos domiciles ont été inventoriés par eux (...) Qu’ils sachent que nous aussi nous avons répertorié leurs domiciles et ceux de leurs familles», a-t-il menacé. Le capitaine Sama a toutefois évité s’en prendre directement à M. Ouattara et souligné qu’il n’était, dans l’immédiat, pas recherché. Face à ce raidissement, le RDR a dénoncé une tentative de confiscation du pouvoir et «de justifier une répression», affirmant que vu la tension actuelle «les élections n’auront aucun sens», et d’autant moins en cas d’élimination de M. Ouattara. «C’est le délire, la marque d’une irresponsabilité totale», a déclaré Aly Coulibaly, porte-parole du RDR. «Si la junte veut se perpétuer au pouvoir, qu’elle décrète qu’il n’y a plus d’élections, ce sera plus simple». Après le «nettoyage» des «alassanistes» présumés dans l’armée, qui a suivi l’attaque mi-septembre de la résidence du chef de la junte, le général Robert Gueï, les affrontements sur les campus et l’enlisement de la médiation tentée par l’Organisation de l’unité africaine (OUA), le pouvoir militaire semble en tout cas décidé à limiter au maximum la marge de manœuvre des partisans de M. Ouattara. Une fermeté qui a enregistré un «dérapage» malencontreux mardi soir, quand Henriette Diabaté, numéro 2 du RDR, pourtant munie d’une autorisation de sortie du territoire, a été empêchée de quitter le pays pour se rendre au chevet de son mari hospitalisé en France. Après un mouvement de protestation à la cathédrale d’Abidjan, elle a rapidement reçu l’assurance de pouvoir partir dès hier soir. Elle a toutefois décidé de poursuivre sa grève de la faim dans la chapelle de la cathédrale jusqu’à son départ effectif pour Paris.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le ton est encore monté d’un cran entre la junte ivoirienne et le parti de l’ancien Premier ministre Alassane Ouattara, chaque camp accusant l’autre, à quelques jours de l’annonce des candidatures retenues pour l’élection présidentielle. Dernier épisode en date, la «tentative d’enlèvement» de l’épouse de M. Ouattara et l’arrestation de plusieurs de ses gardes du corps, dénoncées mardi par son parti, la junte rétorquant qu’il s’agissait en fait d’une opération pour démanteler un réseau se préparant à semer le désordre dans le pays. Ce regain de tension intervient alors que la Cour suprême doit rendre publique, le 7 octobre, la liste des candidats retenus pour l’élection présidentielle du 22 octobre, liste dont les observateurs s’attendent que M. Ouattara soit exclu. Le capitaine de frégate...