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Actualités - Chronologie

L'inculpation de Milosévic, un obstacle à la résolution de la crise

La Turquie en colère et frustrée a fait monter la pression hier sur les États-Unis, son allié privilégié, après l’adoption d’un projet de loi par une commission du Congrès reconnaissant le génocide arménien. Le chef d’état-major de la puissante armée turque, le général Huseyin Kivrikoglu, a repoussé une visite bilatérale prévue mi-octobre aux États-Unis dans la foulée de l’adoption du projet, qui qualifie de génocide les massacres d’Arméniens perpétrés sous l’empire ottoman entre 1915 et 1923, a indiqué un porte-parole de l’état-major. Le ministère turc des Affaires étrangères a regretté dans un communiqué que les «messages» lancés par la Turquie après l’adoption de la résolution en sous-commission n’aient «pas été suffisamment compris». Ankara a averti que l’adoption de cette loi par la Chambre des représentants aurait de graves répercussions sur leurs relations, aggraverait la tension dans le Caucase, ainsi qu’entre Ankara et Erevan, qui n’entretiennent pas de relations diplomatiques. La presse turque était glacée : «Notre pire peur s’est concrétisée», titrait le quotidien populaire Sabah. «Le scandale attendu a éclaté», soulignait le journal Milliyet (libéral), tandis que Yenibinyil titrait : «Le piège arménien». Le journal à grand tirage Hurriyet mettait en exergue le «bon sens» du Sénat français, qui a le même jour repoussé la mise à son ordre du jour d’une proposition comparable : «Calculs électoraux aux États-Unis, bon sens en France». Les Arméniens affirment que plus d’un million d’Arméniens ont été tués entre 1915 et 1917 lors d’un génocide sous le régime des Jeunes turcs. La Turquie parle de 300 à 500 000 morts lors de massacres et de déportations forcées, mais réfute la thèse d’un génocide. Elle met en avant que des Turcs sont aussi tombés victimes des Arméniens, dont certains collaboraient avec l’ennemi russe. La question arménienne est un tabou qui ne souffre pas de discussion en Turquie, où toute tentative pour faire reconnaître un génocide, en France ou aux États-Unis, est mise sur le compte de Erevan. Ainsi, le directeur du Centre de recherches sur les relations turco-arméniennes et le génocide, qui ouvrait ses portes précisément mercredi à l’Université d’Erzurum (est), a indiqué qu’il allait travailler «sur le génocide que les Arméniens ont tenté de mener à bien contre les Turcs». Le département d’État américain se démène de son côté pour arrêter la progression de la résolution au Congrès, soulignant l’importance géostratégique de la Turquie, fidèle alliée de l’Otan dans une région troublée, voisine du Caucase, de l’Irak et de l’Iran. La Turquie accueille ainsi sur sa base d’Incirlik les appareils britanniques et américains qui veillent au respect de la zone d’interdiction aérienne imposée par les alliés à l’aviation irakienne depuis la guerre du Golfe dans le nord de l’Irak. Elle est un élément essentiel de la stratégie américaine dans le Caucase, avec un projet d’oléoduc entre Bakou et le terminal turc de Ceyhan destiné à acheminer les richesse pétrolières et gazières de la Caspienne vers les marchés mondiaux sans passer par la Russie ou l’Iran. Quoi qu’il en soit des tensions entre les deux pays, ils ne devraient pas remettre en cause leur partenariat stratégique : le ministère turc des Affaires étrangères a prévenu qu’une riposte à l’éventuelle adoption du projet de loi sur le génocide par la Chambre «ne portera pas atteinte aux intérêts nationaux turcs, ne fera pas le jeu de l’Arménie et des cercles arméniens et prendra en compte la relation spéciale entre Ankara et Washington».
La Turquie en colère et frustrée a fait monter la pression hier sur les États-Unis, son allié privilégié, après l’adoption d’un projet de loi par une commission du Congrès reconnaissant le génocide arménien. Le chef d’état-major de la puissante armée turque, le général Huseyin Kivrikoglu, a repoussé une visite bilatérale prévue mi-octobre aux États-Unis dans la foulée de l’adoption du projet, qui qualifie de génocide les massacres d’Arméniens perpétrés sous l’empire ottoman entre 1915 et 1923, a indiqué un porte-parole de l’état-major. Le ministère turc des Affaires étrangères a regretté dans un communiqué que les «messages» lancés par la Turquie après l’adoption de la résolution en sous-commission n’aient «pas été suffisamment compris». Ankara a averti que l’adoption de cette...