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Actualités - Conferences De Presse

Syrie Damas encourage les investissements étrangers

Si le désamour des marchés a largement contribué à sa chute, l’euro souffre aussi d’une faiblesse structurelle : l’importance des investissements directs des Européens à l’étranger, et en particulier vers les États-Unis, soulignent de nombreux économistes. Le rapport de la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced), publié mardi à Genève, relève «l’énorme vague» d’achats de sociétés américaines de haute technologie par les Européens en 1999. Selon ce rapport, les sociétés ayant leur siège dans l’UE ont investi 510 milliards de dollars à l’étranger en 1999, soit presque les deux tiers du total mondial. Les États-Unis sont quant à eux le premier pays destinataire d’investissements direct étranger (276 mds USD, près du tiers mondial). Cette sortie nette de capitaux européens vers les États-Unis, qui plus est à long terme, est l’une des raisons fondamentales de la faiblesse de la monnaie unique européenne sur les marchés des changes, en particulier face au dollar, relève Marc Touati, économiste pour Natexis Banques Populaires. «Tous les flux de marchés en investissements directs sont en faveur des États-Unis. Ces flux dus aux fusions et acquisitions, ces facteurs structurels en défaveur de l’euro, sont toujours là. Et ça fait des années que ça dure», souligne de son côté Nathalie Fillet, analyste pour Paribas à Paris. «La croissance américaine, même si elle ralentit, est prévue aux alentours de +5,2 % cette année, ce qui incite les Européens à investir en masse aux États-Unis», favorisant la demande de dollar au détriment de l’euro, explique Marc Touati. Or, non seulement la croissance américaine est alléchante, mais il y a une forte demande pour ces investissements de la part des États-Unis eux-mêmes, en raison de leur important déficit commercial, relève l’expert de Natexis Banques Populaires. «Au lieu de financer la croissance européenne, les investisseurs européens financent la croissance américaine», résume-t-il. Par ailleurs, «cette sortie de capitaux tient aussi à l’extrapolation de tendances durables», à savoir la forte rentabilité des investissements aux États-Unis, alors que les différentiels de rentabilité entre les pays européens se sont estompés avec l’arrivée de l’euro, relève pour sa part Pascal Blanqué, économiste pour le Crédit agricole. Selon le rapport de la Cnuced, la France contribue à une part importante de ces départs de capitaux européens vers l’étranger, en se classant ainsi troisième investisseur mondial, derrière le Royaume-Uni et les États-Unis, alors qu’elle n’était qu’en cinquième position en 1998. Sur le banc des accusés européens, des groupes comme Vivendi, le groupe de Jean-Marie Messier qui s’est porté acquéreur de l’américain US Filters pour 6,2 milliards de dollars, mais aussi le groupe bancaire allemand Deutsche Bank, qui a racheté Bankers Trust. Mais le ralentissement de la croissance américaine et le soutien apporté par les principales Banques centrales internationales à l’euro, qui a permis à la devise européenne de stopper sa chute, devraient entraîner un ralentissement de ces flux favorables au dollar et permettre à la monnaie européenne de se reprendre. «Un renversement de tendance (de l’économie américaine) réduirait l’appétit des investisseurs européens tandis qu’un retournement de tendance de l’euro permettrait une nouvelle perception du risque américain» jusqu’à présent très optimiste, a estimé Pascal Blanqué. «On devrait relever un certain attentisme de ces flux d’investissements vers les États-Unis au cours des prochains mois», prédit Marc Touati, «car la psychologie des marchés et des investisseurs a un peu changé».
Si le désamour des marchés a largement contribué à sa chute, l’euro souffre aussi d’une faiblesse structurelle : l’importance des investissements directs des Européens à l’étranger, et en particulier vers les États-Unis, soulignent de nombreux économistes. Le rapport de la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced), publié mardi à Genève, relève «l’énorme vague» d’achats de sociétés américaines de haute technologie par les Européens en 1999. Selon ce rapport, les sociétés ayant leur siège dans l’UE ont investi 510 milliards de dollars à l’étranger en 1999, soit presque les deux tiers du total mondial. Les États-Unis sont quant à eux le premier pays destinataire d’investissements direct étranger (276 mds USD, près du tiers mondial). Cette sortie nette de...