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Actualités - Chronologie

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Moins de trois mois après l’accession au pouvoir du président Bachar el-Assad, un vent de liberté commence à souffler en Syrie où se multiplient les critiques publiques contre la gestion d’une économie en crise depuis plusieurs années. Le quotidien officiel as-Saoura a publié samedi et dimanche deux articles virulents d’un expert économique, Aref Dalila, fustigeant «la politique économique des précédents gouvernements» syriens. «Le résultat d’une telle gestion de l’économie est l’arrêt depuis 20 ans de toute évolution socio-économique», a écrit M. Dalila, ancien doyen de la faculté d’économie à l’Université de Damas. Selon lui, «le résultat voulu est de prendre les recettes nationales dans les poches de 80 % des Syriens pour les déposer dans celles de 5 % des Syriens (...) et d’accroître le chômage parmi les jeunes et les diplômés qui cherchent à s’exiler». «Ils ont paralysé le secteur bancaire, le nerf de l’économie, en le transformant en des administrations publiques à l’ordre des (personnalités) influentes (...) et il existe une (volonté) de maintenir ce secteur hors de toute évaluation pour ne pas dévoiler les réalités», ajoute M. Dalila. Cet expert a accusé en outre le ministère des Finances de «fermer les yeux sur des dépenses concernant des voitures du gouvernement, qui à elles seules suffiraient à une augmentation de 100 % des salaires». Un décret présidentiel a augmenté de 25 % les traitements des fonctionnaires et de 20 % les retraites à partir du 1er septembre. M. Dalila a admis que «la publication de (son) article par le quotidien syrien signifie qu’il y a effectivement un changement et une acceptation de plusieurs avis différents». Un diplomate occidental à Damas a qualifié les articles de M. Dalila de «critique lucide qui ne cherche pas à rejeter les responsabilités ailleurs mais à résoudre les problèmes». Le fait de les avoir publiés dans le quotidien officiel est «une façon de faire évoluer la presse syrienne et (d’insuffler) un nouvel état d’esprit. On essaie de changer», a estimé ce diplomate. Dans les milieux diplomatiques à Damas, on souligne la multiplication des attaques contre le système économique. «On voit plus de critiques que par le passé et les gens parlent beaucoup plus qu’avant», confirme un diplomate. M. Dalila s’est déclaré «absolument certain que les réformes sont impossibles à introduire si le peuple, le public, et ceux qui pensent autrement sont (interdits) de défendre leurs droits et de s’exprimer librement dans des médias, sans censure et sans bureaucratie». Il s’est enfin interrogé sur la manière de lutter contre la corruption «alors que les infractions sont commises devant les citoyens et que des bureaucrates violent quotidiennement les lois et l’intérêt public». Une campagne anticorruption a été lancée en mars par le nouveau gouvernement de Mohammad Moustapha Miro. Elle a fait plusieurs victimes de haut rang, notamment l’ancien Premier ministre Mahmoud el-Zohbi qui s’est suicidé, ainsi que deux ex-ministres qui ont été arrêtés.
Moins de trois mois après l’accession au pouvoir du président Bachar el-Assad, un vent de liberté commence à souffler en Syrie où se multiplient les critiques publiques contre la gestion d’une économie en crise depuis plusieurs années. Le quotidien officiel as-Saoura a publié samedi et dimanche deux articles virulents d’un expert économique, Aref Dalila, fustigeant «la politique économique des précédents gouvernements» syriens. «Le résultat d’une telle gestion de l’économie est l’arrêt depuis 20 ans de toute évolution socio-économique», a écrit M. Dalila, ancien doyen de la faculté d’économie à l’Université de Damas. Selon lui, «le résultat voulu est de prendre les recettes nationales dans les poches de 80 % des Syriens pour les déposer dans celles de 5 % des Syriens (...) et d’accroître le...