Les Européens considèrent que l’avenir de l’enseignement supérieur passe inéluctablement par les nouvelles technologies et l’Internet, et sont résolus à construire un système coopératif «résolument européen» afin de battre en brèche la concurrence américaine. Cette affirmation unanime a été, la semaine dernière, au cœur d’un colloque organisé à Paris, en Sorbonne, par l’Association européenne des universités d’enseignement à distance (AEDTU) sur le thème «Faut-il câbler la tour d’ivoire ?» qui a été clos par Viviane Reding, commissaire européen pour l’Éducation et la Culture et par Jack Lang, ministre français de l’Éducation nationale. Douzième colloque organisé par l’AEDTU, qui regroupe quelque 25 organismes dispensant un enseignement à distance à plusieurs millions d’étudiants, il a réuni 400 enseignants et experts pour débattre des enjeux posés par les nouvelles technologies de l’information et de la communication dans des structures qui ont longtemps misé sur les communications traditionnelles et apporter une réponse aux défis de la mondialisation. Cette réponse, a souligné Viviane Reding, «exige la construction rapide d’un réseau européen, impliquant toutes les universités, qu’elles soient à distance ou traditionnelles». Elle a concédé que cela pouvait paraître difficile, «les deux tiers des universitaires de tous les pays européens étant actuellement très peu enclins à pratiquer les nouvelles technologies dans leur enseignement». «Cela est pourtant essentiel et urgent», a-t-elle ajouté, évoquant des raisons sociales, culturelles et politiques. «Il est urgent d’agir» Ainsi, a-t-elle souligné le danger de «transformer la tour d’ivoire de l’université en tour digitale élitaire». Elle a également insisté sur la nécessité de veiller aux contenus car «dans l’Internet, cette jungle informationnelle, le pire côtoie le meilleur». Elle a enfin et surtout appelé à «définir ensemble des contenus européens». «Nous devons répondre à la détermination américaine et développer une offre meilleure et plus diversifiée que nos concurrents, faute de quoi, nous verrons fleurir en Europe des antennes d’universités américaines véhiculant des contenus dont nous ne maîtriserons pas la conception ni la diffusion», a-t-elle lancé. De son côté, Jack Lang a martelé la même affirmation : «Il est urgent d’agir, le temps de la réflexion nous est compté. Les intérêts publics et privés nord-américains risquent de structurer durablement les usages et les comportements. Il sera trop tard demain pour défendre une conception différente de l’enseignement», a-t-il dit. «Il faut participer de façon active à ce débat mondial sous peine de le voir s’organiser selon une logique strictement économique. Nos lieux d’enseignement perdraient leur signification, leur raison d’être si nous n’étions pas capables de marquer l’espace multimédia. Il faut y introduire nos initiatives, nos identités, nos programmes propres. On est pressé de nous séduire, je refuse de croire que nous nous laisserons acheter à si bon compte», a-t-il ajouté. L’AEDTU, dans sa résolution finale, a appelé à participer à cette construction d’un réseau européen d’enseignement supérieur, que ce soit grâce au développement des collaborations et échanges existants ou par la construction d’une «zone de e-education» grâce aux nouvelles perspectives ouvertes par l’enseignement en ligne.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les Européens considèrent que l’avenir de l’enseignement supérieur passe inéluctablement par les nouvelles technologies et l’Internet, et sont résolus à construire un système coopératif «résolument européen» afin de battre en brèche la concurrence américaine. Cette affirmation unanime a été, la semaine dernière, au cœur d’un colloque organisé à Paris, en Sorbonne, par l’Association européenne des universités d’enseignement à distance (AEDTU) sur le thème «Faut-il câbler la tour d’ivoire ?» qui a été clos par Viviane Reding, commissaire européen pour l’Éducation et la Culture et par Jack Lang, ministre français de l’Éducation nationale. Douzième colloque organisé par l’AEDTU, qui regroupe quelque 25 organismes dispensant un enseignement à distance à plusieurs millions...