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OPINION

Question d'élégance ...

Matilda Farjallah. Ou comment arriver, en un minimum de temps, à un maximum d’effet. Tout simplement en ayant l’air de débarquer tout droit d’un voyage sur la Lune. Qu’elle soit en train de poser mille questions à n’importe quel homme politique ou en train de répondre à celles d’un journaliste énervé, Matilda Farjallah donne l’impression de s’étonner de tout, de n’y connaître rien, sauf que Matilda Farjallah maîtrise (un peu trop) tout. Un peu ingénue, un peu Lolita, un peu Minnie Mouse, elle a l’atout numéro un dans un monde sans pitié : sa fraîcheur. Matilda Farjallah a une vision très noble de la chose télévisuelle, une vision encore un peu idéaliste aussi. «J’essaie de jouer sur tous les tableaux, mes convictions, la nécessaire objectivité du journaliste, une ligne politique directrice, mais avec un but, un seul : le respect du téléspectateur – il est beaucoup plus intelligent que l’animateur qui, neuf fois sur dix, s’imagine le contraire». Pragmatique malgré les apparences, l’étoile montante de la NBN fera des mains et des pieds pour faire passer son message, «mais en slalomant entre les contraintes générales, celles du pays, et les privées, celles de la chaîne qui m’emploie. J’ai des limites et ma chance c’est de les connaître». Lucide, Matilda Farjallah, déjà lucide… «C’est dangereux la télévision, elle rentre chez les gens, avec ses idées, ses sensations, ses sentiments… Son rôle ? Transmettre la vérité, enfin essayer, envers et contre tout, non ?». Certes… Qu’est-ce qui lui manque, à la télévision libanaise ? «Le problème au Liban, c’est l’ouverture politique, c’est l’acceptation du débat, l’acceptation de l’autre – l’homme politique ne vit pas sa vérité devant la caméra, c’est terrible». Elle, elle s’est imposé une espèce de déontologie de scout intransigeant : «Préparer mon dossier à fond, ne jamais me moquer de mon invité, lui donner, quel qu’il soit, de l’importance, le provoquer aussi, pour qu’il dise tout ce qu’il a à dire, faire l’impossible pour éviter à l’émission la routine, le ronron…». Tout un programme… Qu’est-ce qu’elle a changé la télévision dans son quotidien à Matilda Farjallah, à l’aube de ses 33 ans ? «Une satisfaction nouvelle, une sensation de concret, une certaine idée du bonheur. Sauf que… J’ai certes prouvé quelque chose, mais que les gens me connaissent, ça me dérange, maintenant en public, il faut par exemple que je tienne la fourchette selon les règles, que je boive selon les règles, etc. C’est rageant, non ?». Petite biche traquée…Ça fait quoi d’être une femme dans un monde de «brutes» ? «Utiliser sa féminité pour affirmer ses positions, ça aide, mais essayer d’y arriver, en tant que femme, en n’utilisant que ses compétences, c’est plus dur…». «M’améliorer ? Bien sûr. En me cultivant, en restant toujours convaincue que j’ai beaucoup à faire, éviter l’orgueil, ne pas me prendre au sérieux… Ce que je ferai quand je serai grande ? Continuer ce métier et continuer à prendre du plaisir. Je ne serai jamais grande». Sacrée Matilda…

Matilda Farjallah. Ou comment arriver, en un minimum de temps, à un maximum d’effet. Tout simplement en ayant l’air de débarquer tout droit d’un voyage sur la Lune. Qu’elle soit en train de poser mille questions à n’importe quel homme politique ou en train de répondre à celles d’un journaliste énervé, Matilda Farjallah donne l’impression de s’étonner de tout, de n’y...