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Actualités - Chronologie

Lutte gréco-romaine La chute de l'homme de fer

Une légende du sport a chuté mercredi à Sydney. Maître jusqu’alors incontesté de la lutte gréco-romaine, le Russe Alexandre Karéline a concédé sa première défaite en 13 ans, en finale des Jeux olympiques. «L’homme le plus fort du monde», triple médaillé d’or olympique et neuf fois champion du monde, a concédé l’unique point de la rencontre à l’Américain Rulon Gardner au terme d’un combat de neuf minutes, dont trois de prolongation, dans la catégorie reine des 130 kg. C’est le deuxième point concédé par «l’Ours russe» en dix ans, mais cette pénalité pour lâcher de prise a suffi à le détrôner. Cinq secondes avant le terme du combat, Karéline, visiblement épuisé, a reconnu sa défaite en secouant la tête dans un geste de résignation. Le Russe, âgé de 33 ans, a été victime du poids des ans au terme d’une rude journée au cours de laquelle il a disputé les quarts et la demi-finale avant d’affronter Gardner. L’Américain n’a pas boudé son plaisir. Il a effectué un tour d’honneur le drapeau américain au poing. Pour son entraîneur, Dan Chandler, «c’est un grand jour pour la lutte américaine». «Il a fait un combat parfait et il a enterré le plus grand lutteur au monde», a-t-il dit de son poulain Courtisé par Hollywood La chute de Kareline, l’homme de fer qui écoute Pavarotti et lit Pouchkine, a fait l’effet d’un coup de tonnerre. Le président du CIO lui-même, Juan Antonio Samaranch, s’était déplacé pour assister au nouveau sacre annoncé du maître russe. Le palmarès de Karéline est inégalé : trois médailles d’or olympiques, 12 titres européens et neuf mondiaux. Pour entretenir sa montagne de muscles, Karéline rame des heures sur un lac et court sur les pentes enneigées. Un jour, il a acheté un réfrigérateur qu’il a monté sur son dos dans son appartement, au huitième étage. Karéline est aussi un homme de courage. Aux championnats d’Europe de Budapest, il s’était froissé un muscle pectoral et ne pouvait quasiment plus lever son bras droit. À aucun moment, l’idée d’abandonner ne l’avait effleuré et il avait signé là un de ses plus glorieux triomphes. Un temps sollicité par Hollywood, Karéline avait fermement refusé de céder aux sirènes cinématographiques. «Je suis un lutteur gréco-romain, pas une star hollywoodienne. Seule la victoire compte», avait-il alors déclaré. Il a en revanche entamé une carrière politique en se faisant élire à la Douma sous les couleurs d’un parti progouvernemental appelé l’Ours. Au Kremlin, on dit que son influence sur Vladimir Poutine – dont l’intérêt pour le judo est connu – est telle que le président russe a choisi l’ancien partenaire de Karéline, Boris Ivaïoujenkov, pour ministre des Sports. L’homme le plus fort du monde reconnaissait volontiers jusqu’à présent user de son ascendant pschycologique pour mater ses adversaires : «Ce que je ne peux obtenir avec mes capacités physiques, je l’obtiens avec ma réputation». Cette fois, Gardner ne s’y est pas laissé prendre.
Une légende du sport a chuté mercredi à Sydney. Maître jusqu’alors incontesté de la lutte gréco-romaine, le Russe Alexandre Karéline a concédé sa première défaite en 13 ans, en finale des Jeux olympiques. «L’homme le plus fort du monde», triple médaillé d’or olympique et neuf fois champion du monde, a concédé l’unique point de la rencontre à l’Américain Rulon Gardner au terme d’un combat de neuf minutes, dont trois de prolongation, dans la catégorie reine des 130 kg. C’est le deuxième point concédé par «l’Ours russe» en dix ans, mais cette pénalité pour lâcher de prise a suffi à le détrôner. Cinq secondes avant le terme du combat, Karéline, visiblement épuisé, a reconnu sa défaite en secouant la tête dans un geste de résignation. Le Russe, âgé de 33 ans, a été victime du poids des...