Il n’y eut pas d’invasion américaine à la 57e Mostra de Venise, mais une présence confortable de films venant des USA. Tantôt des «blockbusters» issus des grands studios, tantôt des films indépendants ; et c’est la deuxième catégorie qui s’est le plus distinguée dans la sélection officielle du festival. Raya Abi Rached parle de la sélection américaine de Venise 2000. l Space Cowboys, de Clint Eastwood. Le réalisateur, acteur et superstar se rend, en quelque sorte, hommage dans son dernier film. La scène d’ouverture, menée avec brio, fait entrer le spectateur directement dans le feu de l’action, et même si le reste du film n’est pas sensationnel, cela permet de maintenir la tension de l’histoire. Les points négatifs sont que certaines scènes ressemblent un peu trop à Armageddon (de Michael Bay), et au récent Mission to Mars de Brian De Palma. Les points forts viennent du contenu de l’histoire : on y suit quatre vétérans astronautes dans leur quête de l’espace. Space Cowboys n’est pas seulement un hommage aux astronautes vétérans, il fait aussi l’éloge de toute une génération d’acteurs vétérans d’Hollywood (Clint Eastwood, James Garner, Tommy Lee Jones, Donald Sutherland), dont le talent fait honte aux jeunes. l What Lies Beneath, de Robert Zemeckis. Il s’agit encore d’un hommage mais cette fois au langage filmique d’Alfred Hitchcock. Cela est visible dès les premières scènes du film : par exemple, l’un des personnages principaux s’appelle Norman (en référence au Norman Bates de Psycho, mais Zemeckis prétend que ce n’est que coïncidence !) ; ou encore l’utilisation de lieux très «hitchkockiens» tels que la douche, la maison isolée. Les films de Hitchcock les plus «cités» restent Rear Window (qui ressort bientôt en version restaurée) et Psycho. Mais à la différence de Gus Van Sant qui avait fait une pâle imitation de Hitchcock, Zemeckis, dont c’est le premier film depuis Contact, réussit un tour de force en matière de réalisation, un film personnalisé. Michelle Pfeiffer (qui, selon ses propres dires, a été «gâtée» par son rôle flatteur dans le film) et Harrison Ford sont aussi très crédibles. Angoissant de bout en bout, What Lies Beneath est une réussite. l Dr. T and the Women, de Robert Altman. On n’a pas encore vu Cookie’s Fortune au Liban, que le film suivant de Robert Altman sort. Richard Gere est en tête d’un «harem» de femmes : Farrah Fawcett (qui fait un come-back mitigé), Liv Tyler, Tara Reid et Helen Hunt dans son premier rôle sur grand écran depuis As Good As it Gets. Le sujet est intéressant et surtout original, bien mené, mais le film est un peu long et redondant. Altman montre, avec cynisme, un grand respect pour les femmes. Et puis, il y a l’interprétation... l You Can Count On Me, de Kenneth Lonergan. Vainqueur du grand prix du festival indépendant de Sundance cette année, You Can Count On Me est véritablement un film hors du commun, fort d’un scénario original et de prestations très bien étudiées. Le tout est surprenant, venant de la part de Lonergan qui dirige son premier long métrage après une carrière réussie dans l’écriture de scénario (il a notamment écrit le script de Analyze This). Bien mené de bout en bout. l Prime Gig, de Gregory Mosher. Dans la même lignée que Boiler Room, ce film est un thriller sur le jeu et les hasards de s’engager dans des métiers «quasi légaux». Le film est très précis dans ses détails, mais l’émotion est absente tout au long. La tension et l’intrigue sont, malheureusement, totalement inexistantes dans ce film. Vince Vaughn et Julia Ormond sont les stars de ce thriller, mais cela ne le sauve pas.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Il n’y eut pas d’invasion américaine à la 57e Mostra de Venise, mais une présence confortable de films venant des USA. Tantôt des «blockbusters» issus des grands studios, tantôt des films indépendants ; et c’est la deuxième catégorie qui s’est le plus distinguée dans la sélection officielle du festival. Raya Abi Rached parle de la sélection américaine de Venise 2000. l Space Cowboys, de Clint Eastwood. Le réalisateur, acteur et superstar se rend, en quelque sorte, hommage dans son dernier film. La scène d’ouverture, menée avec brio, fait entrer le spectateur directement dans le feu de l’action, et même si le reste du film n’est pas sensationnel, cela permet de maintenir la tension de l’histoire. Les points négatifs sont que certaines scènes ressemblent un peu trop à Armageddon (de Michael Bay), et au...