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Actualités - Chronologie

A Jolo, les habitants se cachent dans des abris de fortune

Nourriture et médicaments commencent à manquer à Jolo où des dizaines de milliers d’habitants se pressent dans les abris de fortune fournis par les autorités, fuyant devant l’offensive massive de l’armée contre les rebelles musulmans qui détiennent 17 otages. Pour la première fois depuis le début des opérations, les journalistes, autorisés à se déplacer sur l’île, ont vu des réfugiés entassés dans les écoles tandis que les équipes de secours doivent franchir les différents barrages de l’armée pour recueillir les morts et soigner les blessés. «Il y a beaucoup de zones où nous n’avons pas encore pu nous rendre», souligne le médecin en charge de la province, Nelsa Amin, qui précise que l’armée autorise uniquement de courtes incursions des équipes médicales dans les zones aux mains d’Abu Sayyaf. Depuis le 16 septembre, le président philippin Joseph Estrada a lancé 4 000 soldats sur Jolo afin de mettre un terme à la crise des otages qui a commencé voici cinq mois. L’armée a annoncé avoir tué 103 rebelles au cours de l’offensive destinée à libérer les 17 otages. Selon un responsable militaire, le général Narciso Abaya, aucun otage n’a été pour l’instant libéré mais ils sont «en vie et se trouvent à Jolo». Les affirmations des autorités de Manille faisant état de seulement deux civils tués suscitent néanmoins le doute en raison de l’utilisation intensive de l’artillerie. Dans un communiqué, le conseil local des chefs religieux musulmans souligne que l’île de Jolo se trouve «sous une loi martiale non déclarée». Selon l’armée, 36 330 personnes ont quitté leur habitation dans cinq localités de Jolo. «Moins de 20 %» ont opté pour les centres d’hébergement du gouvernement, la majorité a préféré trouver refuge auprès de parents dans d’autres endroits de l’île. Habituellement très actif, le port de Jolo était complètement désert lundi. Tous les services de ferry et la plupart des autres mouvements de navires ont été suspendus jusqu’à nouvel ordre. À l’école primaire Pangolina Mama dans le village de Tagbak qui est l’un des 52 bâtiments publics réquisitionnés pour être transformés en centres de réfugiés, quelque 900 personnes s’entassent dans des salles de classes crasseuses. Des cartons remplis d’affaires longent les murs et des cordes à linge chargées de vêtements fraîchement lavés barrent les salles. Les femmes font la cuisine dans des boîtes de conserve. Chiens et chèvres mangent les restes qui jonchent le sol tandis que les enfants s’amusent pieds nus. La nuit, les réfugiés dorment à même le sol de béton et ils avouent aller faire leurs besoins dans les buissons environnants. «Nous sommes partis de chez nous parce que nous avions peur que les bombes nous tuent. Ils utilisent de l’artillerie», raconte aux journalistes Nurhaida Pasihan, 30 ans, en berçant son bébé affamé. L’enfant, enveloppé dans une chemise trop grande, pleure de temps en temps mais la mère ne peut lui donner que de l’eau. «On n’a pas grand-chose et l’eau n’est pas très bonne. On ne peut compter que sur les secours. Nos maris sont partis ce matin s’occuper de la ferme et on craint pour eux. Ils risquent de se faire tirer dessus», ajoute cette femme de la localité d’Indanan avant de conclure : «Très souvent il n’y a pas d’argent et pas de nourriture».
Nourriture et médicaments commencent à manquer à Jolo où des dizaines de milliers d’habitants se pressent dans les abris de fortune fournis par les autorités, fuyant devant l’offensive massive de l’armée contre les rebelles musulmans qui détiennent 17 otages. Pour la première fois depuis le début des opérations, les journalistes, autorisés à se déplacer sur l’île, ont vu des réfugiés entassés dans les écoles tandis que les équipes de secours doivent franchir les différents barrages de l’armée pour recueillir les morts et soigner les blessés. «Il y a beaucoup de zones où nous n’avons pas encore pu nous rendre», souligne le médecin en charge de la province, Nelsa Amin, qui précise que l’armée autorise uniquement de courtes incursions des équipes médicales dans les zones aux mains d’Abu Sayyaf....