Chargée par les tribunaux d’effectuer des expertises psychologiques lors de procédures de divorce, le Dr Carla Saadé explique que le divorce ou la séparation constituent une rupture non seulement vis-à-vis d’une vie en commun mais aussi vis-à-vis d’une communauté. Une rupture qui pose beaucoup de problèmes, notamment celui de la sauvegarde et de l’hébergement des enfants, mais aussi du partage des biens, du changement de la vie quotidienne, etc. Cette décision de divorce ou de séparation entraîne un changement qui provoque un déséquilibre dans la vie de la femme et de l’homme, explique la psychothérapeute, sur les plans affectif, émotionnel, économique, quotidien mais aussi social. Cependant, ajoute-t-elle, si la femme vit mal le divorce, c’est à cause de la composition patriarcale de notre société où l’homme, et de surcroît l’époux, est celui qui subvient aux besoins de la famille et tient tout en main. Et de par son éducation, la femme libanaise n’existe qu’à travers l’homme, son père, son frère ou son époux. Et même si les choses ont tendance à évoluer, et que de plus en plus de femmes deviennent indépendantes, du moins sur les plans économique et professionnel, l’influence de l’homme est encore trop ancrée dans la société libanaise. C’est la raison pour laquelle la femme se sent délaissée après le divorce, subissant un changement de vie très important. Cette situation de séparation activera en elle un sentiment de frustration et la peur de perdre ses enfants, son statut familial, sa place de mère... Frustration qui se manifestera par des attitudes d’agressivité à l’égard de son ancien conjoint après le divorce, ou de rancœur lorsqu’elle se voit contrainte de demander à son ex-mari une assistance financière. Évidemment, précise le Dr Saadé, l’impact du divorce dépend de sa forme et de l’histoire personnelle de chaque individu, homme ou femme. S’il survient par consentement mutuel, le couple s’entend sur des modalités pour régler tous les détails de la séparation, permettant à la femme de continuer à vivre dans la sécurité. Or, si l’un des conjoints subit une frustration, refusant le divorce, celui-ci peut avoir des conséquences plus dures. On s’accuse alors mutuellement de viol d’obligations ou d’adultère, chacun voulant prouver qu’il est meilleur parent que l’autre. Dans la réalité, la majorité des femmes libanaises baignent dans la dépression après un divorce. Elles se replient sur elles-mêmes et gardent peu de contact avec le monde social, car elles ont mal vécu cette rupture, même si elles l’ont demandée. Mais il est nécessaire qu’elles acceptent le divorce, pour pouvoir surmonter la rupture, explique le Dr Saadé, ajoutant qu’une demande de divorce n’implique pas nécessairement son acceptation, insistant sur l’importance de la séance de conciliation demandée par le tribunal, pour s’assurer de la maturité de la demande de divorce.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Chargée par les tribunaux d’effectuer des expertises psychologiques lors de procédures de divorce, le Dr Carla Saadé explique que le divorce ou la séparation constituent une rupture non seulement vis-à-vis d’une vie en commun mais aussi vis-à-vis d’une communauté. Une rupture qui pose beaucoup de problèmes, notamment celui de la sauvegarde et de l’hébergement des enfants, mais aussi du partage des biens, du changement de la vie quotidienne, etc. Cette décision de divorce ou de séparation entraîne un changement qui provoque un déséquilibre dans la vie de la femme et de l’homme, explique la psychothérapeute, sur les plans affectif, émotionnel, économique, quotidien mais aussi social. Cependant, ajoute-t-elle, si la femme vit mal le divorce, c’est à cause de la composition patriarcale de notre société où...