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Actualités - Chronologie

La Grande-Bretagne reprend son souffle

La Grande-Bretagne, exsangue après une semaine de protestations qui ont mis ses stations-essence à sec et son économie au bord de l’asphyxie, commençait hier à reprendre son souffle, tandis que le gouvernement planchait sur les moyens d’éviter qu’une telle crise ne se reproduise. Alors que seule une poignée d’irréductibles continuaient de manifester devant la raffinerie écossaise de Grandemouth, les compagnies pétrolières ont promis de mettre les bouchées doubles pour réapprovisionner le pays en carburant. Un travail de titan qui devrait prendre jusqu’à trois semaines, de l’avis des professionnels de la distribution. «Nous essayons d’optimiser nos ressources en ouvrant nos terminaux 24 heures sur 24, ou au moins plus longtemps que d’habitude», a expliqué un porte-parole de TotalFinaElf. Hier dès l’aube, les premières stations rouvertes ont été prises d’assaut par les automobilistes et de longues files d’attente se sont formées aux quatre coins du pays, obligeant plusieurs compagnies à rationner la distribution d’essence. Les particuliers vont d’ailleurs devoir prendre leur mal en patience : le gouvernement a désigné comme «prioritaires» près de 300 stations où les services d’urgence (médecins, personnels hospitaliers...) seront servis les premiers. Environ 3 300 autres stations, également choisies par le gouvernement, seront ensuite ravitaillées, cette fois pour le grand public. Si les camions-citernes ont repris leur noria, les effets d’une semaine de blocage continuaient à se faire durement sentir hier matin, notamment pour les services de santé qui restaient en «alerte rouge». La Poste a pour sa part réduit le nombre de ses tournées et une centaine d’écoles sont restées fermées hier. Vertement critiqué pour avoir tardé à mesurer l’ampleur de ce mouvement de contestation, le gouvernement a décidé de mettre en place un groupe de réflexion chargé d’étudier les moyens d’éviter qu’un tel conflit – le premier grand conflit social depuis l’élection de Tony Blair en 1997 – ne se renouvelle. Le ministre de l’Intérieur Jack Straw, qui s’est démultiplié dans les médias hier matin pour justifier l’intransigeance du gouvernement, a expliqué que ce groupe de réflexion avait pour mission de réfléchir sur «l’ordre public, la sécurité publique et les moyens d’assurer une libre circulation du pétrole dans notre économie et notre société». Les conséquences sur l’activité économique restent encore à chiffrer, mais l’Institut des directeurs (Institute of Directors, la seconde organisation patronale du pays) a estimé hier matin que la crise aura coûté environ un milliard de livres (1,6 milliard d’euros) à l’économie du pays. Le prix politique que payera Tony Blair reste également incertain : un sondage Gallup, publié hier par le Daily Telegraph, montre que la crédibilité du gouvernement a été ébranlée, que l’image du Premier ministre a été écornée, mais le Parti travailliste conserve une confortable avance de 13 points sur l’opposition conservatrice.
La Grande-Bretagne, exsangue après une semaine de protestations qui ont mis ses stations-essence à sec et son économie au bord de l’asphyxie, commençait hier à reprendre son souffle, tandis que le gouvernement planchait sur les moyens d’éviter qu’une telle crise ne se reproduise. Alors que seule une poignée d’irréductibles continuaient de manifester devant la raffinerie écossaise de Grandemouth, les compagnies pétrolières ont promis de mettre les bouchées doubles pour réapprovisionner le pays en carburant. Un travail de titan qui devrait prendre jusqu’à trois semaines, de l’avis des professionnels de la distribution. «Nous essayons d’optimiser nos ressources en ouvrant nos terminaux 24 heures sur 24, ou au moins plus longtemps que d’habitude», a expliqué un porte-parole de TotalFinaElf. Hier dès...