Le nageur australien Ian Thorpe, surnommé la «torpille» par ses compatriotes, va être, sur les coups de 20h00 samedi (09h00 GMT), sauf catastrophe, médaillé d’or olympique du 400 m nage libre, entamant ainsi une moisson annoncée de médailles aux Jeux de Sydney. À 17 ans, Thorpe est un phénomène que tout un pays adule, le réduisant parfois à une impressionnante série de statistiques : il a battu dix records du monde sur 200 m et 400 m en deux ans, dont sept dans son bassin fétiche de Sydney où se déroulent les jeux ; sur 400 m, son plus proche adversaire est relégué à six secondes ; il n’a jamais été battu sur cette épreuve depuis qu’il est devenu en 1998 le plus jeune champion du monde de l’histoire ; il a nagé les cinq 400 m et les trois 200 m les plus rapides de l’histoire. Seul un titre olympique manque encore. Mais de l’avis des spécialistes, Thorpe devrait en glaner trois à Sydney (400 m, 200 m, 4x200 m) et peut en espérer une quatrième (4x100 m). Il égalerait alors les légendes australiennes que sont Dawn Fraser, Murray Rose et Betty Cuthbert. Pressé par des journalistes de conter son épopée naissante, Thorpe, adolescent sage sans aspérité apparente, s’en est tenu, à quelques jours des jeux, à des propos très consensuels : «Dans chaque finale, il y aura huit nageurs qui n’auront qu’un but : gagner». «Beaucoup de mes adversaires ont une marge de progression», a-t-il assuré. Soupçons Posé, l’adolescent semble presque surpris de la passion qu’il suscite. «Le meilleur et le pire de la célébrité, c’est la même chose : être reconnu partout où vous allez. C’est fantastique de sentir ce soutien mais c’est parfois agaçant, surtout quand vous n’êtes pas dans un bon jour». Les Australiens n’ont que faire des soupçons parfois ouvertement exprimés à l’étranger à l’égard de leur idole. Sa grande taille (1 m 95 alors que sa croissance n’est pas terminée) et la longueur de ses pieds – il chausse au moins du 50 – seraient dus, selon l’équipe allemande, à un long traitement aux hormones de croissance. Thorpe rétorque qu’il est prêt à se soumettre à tous les tests sanguins et propose même de congeler son sang pour des contrôles ultérieurs. Ses parents sont allés jusqu’à exhiber publiquement leurs pieds pour justifier ceux, hors normes, du rejeton. Bien élevé, il préfère laisser les phrases belliqueuses à son manager, David Flaskas : «Ian a peut-être de grands pieds, mais les Allemands ont une grande gueule». Thorpe, qui dispute ses premiers Jeux olympiques, assure que la pression de 17 000 supporteurs s’égosillant ne l’inquiète pas : «J’ai déjà nagé devant des foules qui hurlaient». Pourtant, malgré son jeune âge, l’entraîneur australien Don Talbot lui a confié une mission : mettre l’Australie sur de bons rails dans sa confrontation nautique avec les Américains. Mercredi, sur le bord du bassin d’entraînement, Talbot insistait sur l’importance du premier jour qui, psychologiquement, conditionne la suite. Mais personne n’imagine sérieusement pour Thorpe un autre adversaire que le chronomètre et son propre record du monde.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le nageur australien Ian Thorpe, surnommé la «torpille» par ses compatriotes, va être, sur les coups de 20h00 samedi (09h00 GMT), sauf catastrophe, médaillé d’or olympique du 400 m nage libre, entamant ainsi une moisson annoncée de médailles aux Jeux de Sydney. À 17 ans, Thorpe est un phénomène que tout un pays adule, le réduisant parfois à une impressionnante série de statistiques : il a battu dix records du monde sur 200 m et 400 m en deux ans, dont sept dans son bassin fétiche de Sydney où se déroulent les jeux ; sur 400 m, son plus proche adversaire est relégué à six secondes ; il n’a jamais été battu sur cette épreuve depuis qu’il est devenu en 1998 le plus jeune champion du monde de l’histoire ; il a nagé les cinq 400 m et les trois 200 m les plus rapides de l’histoire. Seul un titre olympique...