Voici les grandes dates de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole qui célèbre cette année son quarantième anniversaire : – 14 septembre 1960 : naissance de l’Opep à Bagdad. Cinq pays (Arabie séoudite, Iran, Irak, Koweït et Venezuela) s’unissent pour riposter aux baisses des prix du pétrole décidées par les compagnies pétrolières. – 1961 : Qatar rejoint l’Opep. Il sera suivi par l’Indonésie et la Libye en 1963, Abou Dhabi et l’Algérie en 1967, le Nigeria en 1971 puis l’Équateur et le Gabon en 1973. – Juillet 1965 : première tentative de créer un cartel pour peser sur les prix du brut : l’Opep fixe des taux d’augmentation maxima de la production des États membres. Ces quotas ne seront pas respectés. – Janvier 1968 : dans la foulée de la guerre des Six-Jours israélo-arabe, l’Opep arrache aux compagnies occidentales un accord sur l’élimination des rabais sur les prix de vente. Quand la décennie s’achève, le baril vaut 1,80 dollar. – Février 1971 : la 22e conférence de l’organisation sera le «Munich» des compagnies petrolières, contraintes de renoncer aux traditionnels contrats bilatéraux. Un «accord d’ensemble» est signé qui relève sensiblement les prix et les taxes et établit un programme de hausse de prix pour 6 ans. – Octobre 1972 : l’Opep déclenche le processus des nationalisations. Les pays producteurs pourront progressivement acquérir une participation de 51 % dans leurs gisements. L’Opep réalise deux tiers des exportations mondiales de brut (près de 40 % aujourd’hui). – Octobre 1973 : premier choc pétrolier. En pleine guerre israélo-arabe, l’Opep décide une hausse des prix sans consulter les compagnies pétrolières. Un embargo est décrété par les producteurs arabes contre les pays jugés pro-israéliens, parmi lesquels les États-Unis et les Pays-Bas. La France, l’Espagne et la Grande-Bretagne, considérées comme «amies», sont épargnées. – Décembre 1973 : explosion des prix qui passent à 11,65 dollars le baril, soit quatre fois leur niveau de septembre. Ils quintupleront en décembre 1974. – Septembre 1974 : augmentation des royalties et des taxes perçues par les pays producteurs. – 1975 : premier sommet de l’Opep à Alger - décembre 1975 : le terroriste Carlos prend en otage onze ministres au siège de l’Opep à Vienne. Trois personnes sont tuées. – 1979 : second choc pétrolier. La révolution islamique en Iran et l’arrêt des exportations iraniennes fait flamber le prix du baril. L’Arabie séoudite tente de freiner la hausse mais aucun prix de référence ne peut être établi. Les augmentations interviennent en ordre dispersé jusqu’en 1980, année où certaines cargaisons de brut s’échangent à plus de 40 dollars le baril. – Septembre 1980 : la guerre Iran-Irak provoque des hausses variables selon les pays. – Mars 1982 : première fixation par l’Opep d’un plafond maximal de production – 17,5 millions de barils par jour (mbj) – qui ne sera cependant pas respecté. – Octobre 1984 : nouvelle réduction des quotas. Quatres pays non membres (Égypte, Mexique, Malaisie et Brunei) acceptent de coopérer avec l’Opep. – Janvier 1985 : nouvelle baisse du prix. Il n’y a plus de tarif officiel. L’unité est rompue. – Juillet 1985 : nouvel effritement du prix moyen. Les «durs» (Algérie, Iran et Libye) refusent tout compromis. – Avril 1988 : première réunion de l’Opep et de pays producteurs mais non membres de l’organisation (Angola, Chine, Colombie, Égypte, Malaisie, Mexique, Oman). Aucun accord n’en sortira. – Août 1990-février 1991 : guerre du Golfe. L’Onu décide un embargo commercial contre l’Irak en août 1990 mais instaure le programme pétrole contre nourriture, permettant à ce pays de vendre un peu de brut pour acheter sous strict contrôle de l’Onu vivres, médicaments et biens de première nécessité. En raison de cet accord, l’Irak est exclu des plafonds de production de l’organisation. – Novembre 1992 : l’Équateur se retire de l’Opep en invoquant une crise financière. – Juin 1996 : le Gabon quitte à son tour l’organisation. – Novembre 1997 : réunie à Djakarta, l’Opep relève sa production de 10 % sans tenir compte de la crise asiatique. Effondrement des cours. – Mars 1999 : l’Opep décide une réduction de la production de 1,7 mbj afin de faire remonter les prix du brut, tombés à moins de 10 dollars fin 1998. – Mars 2000 : augmentation de la production, ramenée à son niveau d’avant mars 1999, afin de stabiliser les cours qui ont triplé en quelques mois. L’Iran ne s’associe pas à l’accord mais augmente sa production de son côté. Une nouvelle augmentation, acceptée par tous (Irak exclu), est décidée en juin. À venir : – 27 et 28 septembre 2000 : l’Opep tiendra le deuxième sommet de son histoire de l’Opep à Caracas après celui d’Alger en 1975. La Russie, Oman, le Mexique, la Norvège et l’Angola sont invités en tant qu’observateurs.
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