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Actualités - Chronologie

Frears : Aux USA, réaliser est plus naturel qu'en Angleterre

Réaliser un film aux États-Unis implique davantage de contraintes qu’en Europe, mais c’est en soi une chose plus naturelle que, par exemple, en Angleterre, estime le réalisateur des Liaisons dangereuses. «Lorsque j’ai tourné The Grifters, j’étais sous la tutelle bienveillante de Martin Scorsese. C’est avec les autres films américains que j’ai commencé à avoir des problèmes, parce que lorsque l’on dispose de budgets plus importants, on est aussi confronté à davantage d’exigences de tous ordres», déclare Stephen Frears. «Cela dit, quand on fait des films aux États-Unis, on entre dans une sorte d’ordre des choses naturel, on fait partie d’une industrie qui, d’une certaine manière, vous soutient, alors qu’en Angleterre, être un cinéaste c’est en quelque sorte être quelque chose de monstrueux, d’anormal, poursuit-il. Ce n’est pas une chose naturelle de faire des films en Grande-Bretagne. Aux USA, pour excentrique que soit votre film, vous ne détonez pas dans le paysage. En Angleterre, même si vous faites le film le plus “comme il faut” qui soit, vous n’en apparaissez pas moins monstrueux». Stephen Frears, 59 ans, a réalisé son premier long métrage, Gumshoe, en 1971, après avoir été notamment l’assistant de Karel Reisz, Lynday Anderson ou encore Albert Finney, qui, d’ailleurs, jouera le rôle principal du détective de Gumshoe. Mais ce n’est pas avant les années 80 et The Hit (1984) que le public pourra voir un film de Frears à un rythme régulier. Projet : ne rien faire Frears alternera les genres avec facilité, sans se départir souvent d’un solide fond d’ironie légère, que ce soit avec My Beautiful Laundrette (1985), où il mettait les pieds dans le plat en parlant d’homosexualité interraciale, Les Arnaqueurs (1990) ou encore High Fidelity, qu’il est venu présenter à Deauville. Ses trois films précédents marquèrent cependant une baisse d’inspiration, trahissant un talent en-deçà de ses possibilités, que ce soit Mary Reilly (1996), servi pourtant par une mise en scène remarquable mais desservi de l’avis de Frears lui-même par son scénario, The Van ou The Hi-Lo Country, tourné aux USA. Avec High Fidelity, il retrouve son meilleur niveau. Ce film est d’abord le fruit d’une collaboration entre deux hommes qui se connaissent bien et s’apprécient. Mais Frears n’a pas souhaité s’appesantir sur ce sujet. John Cusack, acteur principal et producteur du film, avait déjà tourné avec Frears, dans The Grifters. «Tout cela s’est fait avant que j’intervienne et John (Cusack, natif de Chicago) y avait mis sa patte», explique Frears. «Au début, quand on m’a demandé de faire ce film à Chicago, j’ai dit “Stop, pas question”, puis j’ai réalisé que cela n’avait pas d’importance et, en fin de compte, je pense que cela a vraiment contribué à l’intérêt du film». Quant à son prochain projet, il tient en trois mots. «Ne rien faire, dit Frears en ajoutant aussitôt : Enseigner, en Angleterre. Prié d’être plus précis, il se contente de dire qu’il s’agissait d’abord, «lorsque l’on fait un film, d’identifier les questions ; quand on connaît les questions, on peut trouver les réponses».
Réaliser un film aux États-Unis implique davantage de contraintes qu’en Europe, mais c’est en soi une chose plus naturelle que, par exemple, en Angleterre, estime le réalisateur des Liaisons dangereuses. «Lorsque j’ai tourné The Grifters, j’étais sous la tutelle bienveillante de Martin Scorsese. C’est avec les autres films américains que j’ai commencé à avoir des problèmes, parce que lorsque l’on dispose de budgets plus importants, on est aussi confronté à davantage d’exigences de tous ordres», déclare Stephen Frears. «Cela dit, quand on fait des films aux États-Unis, on entre dans une sorte d’ordre des choses naturel, on fait partie d’une industrie qui, d’une certaine manière, vous soutient, alors qu’en Angleterre, être un cinéaste c’est en quelque sorte être quelque chose de monstrueux,...