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Actualités - Chronologie

Zimbabwé Scepticisme sur la fin annoncée des occupations de fermes

Au lendemain d’une journée de mobilisation nationale contre les occupations illégales de fermes, les Zimbabwéens ont accueilli avec scepticisme, hier, la promesse du chef de l’État Robert Mugabe de mettre un terme à ce mouvement avant la fin du mois. Le président zimbabwéen a annoncé que ceux qui occupent illégalement depuis février quelque 1 600 fermes seraient réinstallés avant la fin du mois sur des terres «acquises par le gouvernement. Nous déplacerons tous les vétérans des fermes que le gouvernement n’acquerra pas», a-t-il affirmé le jour même où une grève générale de protestation contre les occupations était observée dans les fermes et dans les commerces, banques et entreprises des grandes villes telles que Harare et Bulawayo (sud-ouest). Hier à Harare, les Zimbabwéens vacant de nouveau à leurs occupations semblaient ne pas croire à une issue rapide à la crise des occupations. «Nous allons nous enfoncer économiquement et politiquement», résumait Shengai Gibson, vendeur de journaux à Harare. Le président du syndicat des fermiers blancs (CFU), Tim Henwood, a accueilli avec prudence les déclarations du chef de l’État affirmant que son organisation «se félicite que le président envisage de faire évacuer les vétérans des fermes». «C’est la première fois qu’il s’est prononcé en faveur d’un départ des vétérans, a souligné M. Henwood qui a précisé attendre de voir si les mots vont être suivis d’actions». Le président du CFU a, par ailleurs, indiqué avoir compris que les occupants illégaux seraient réinstallés sur les quelque 210 fermes qui constituent la première tranche de la réforme agraire controversée engagée au Zimbabwe. Une liste de 804 fermes à saisir a été publiée par les autorités en juin, mais quelque 600 propriétaires ont fait appel de cette décision, selon le CFU. M. Henwood affirme «ne pas avoir été informé» de l’intention du gouvernement de saisir «immédiatement» un total de 3 000 fermes comme l’avait annoncé le 30 juillet le ministre de l’Administration locale, des Travaux publics et du Logement, Ignatius Chombo. Le CFU avait lancé la semaine dernière une troisième action devant la Haute cour pour obtenir l’évacuation des fermes après deux arrêts de la Haute cour restés lettre morte. Le président Mugabe, dont le régime soutient depuis février les anciens combattants à l’origine des occupations illégales, s’était toujours refusé à appeler à l’exécution des arrêts de la Haute cour. Selon l’analyste Alfred Nhema, les promesses de Mugabe sont «irréalistes». «La redistribution de terres n’a pas été réglée depuis l’indépendance il y a 20 ans, je ne vois pas comment Mugabe peut prétendre régler tout en un mois d’un coup de baguette magique», a-t-il déclaré à l’AFP. L’indépendance de l’ex-Rhodésie ségrégationniste, devenue Zimbabwe en 1980, n’a pas changé fondamentalement les inégalités foncières dans un pays où 4 500 fermiers blancs possèdent 70 % des meilleures terres tandis que des milliers de Noirs survivent sur des terres communales infertiles. M. Nhema a estimé que les propos du président dénotaient les «divergences» existant entre le pouvoir de M. Mugabe et les anciens combattants depuis les élections législatives des 24 et 25 juin et la formation d’un gouvernement dans lequel ne figure aucun vétéran. Chenjerai Hitler Hunzvi, leur chef, a de nouveau défié les autorités jeudi. «J’appelle les anciens combattants et les sans-terre présents dans les fermes à rester où ils se trouvent et à ne pas bouger vers d’autres fermes non-occupées» dans l’attente de la mise en œuvre réelle de la réforme agraire, a-t-il déclaré jeudi lors d’une conférence de presse à Harare. Gibson Sibanda, chef de file du principal parti d’opposition, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC) au Parlement, a estimé que ces déclarations contradictoires du gouvernement et des vétérans «prouvent que le pays est en proie à l’anarchie la plus totale».
Au lendemain d’une journée de mobilisation nationale contre les occupations illégales de fermes, les Zimbabwéens ont accueilli avec scepticisme, hier, la promesse du chef de l’État Robert Mugabe de mettre un terme à ce mouvement avant la fin du mois. Le président zimbabwéen a annoncé que ceux qui occupent illégalement depuis février quelque 1 600 fermes seraient réinstallés avant la fin du mois sur des terres «acquises par le gouvernement. Nous déplacerons tous les vétérans des fermes que le gouvernement n’acquerra pas», a-t-il affirmé le jour même où une grève générale de protestation contre les occupations était observée dans les fermes et dans les commerces, banques et entreprises des grandes villes telles que Harare et Bulawayo (sud-ouest). Hier à Harare, les Zimbabwéens vacant de nouveau à leurs...