Il a le même nom, a hérité de ses traits et vise la Maison-Blanche : George Walker Bush, désormais candidat officiel du Parti républicain à l’élection présidentielle, suit les pas de son père, le 41e président des États-Unis. George W. Bush revient de loin : il y a plusieurs années, même sa famille ne lui donnait aucune chance, misant sur le fils cadet, Jeb Bush, actuel gouverneur de Floride, pour assumer l’héritage paternel, selon des proches. Silhouette légèrement courbée, sourire figé au coin, le gouverneur texan n’hésite pas à s’attacher les services de fidèles de son père, George Bush, et prend régulièrement conseil auprès de l’ancien président. Mais celui qui se présente comme «un conservateur avec du cœur» vole maintenant depuis ses terres du Texas de ses propres ailes, insistant sur son bilan de gouverneur de cet État, la huitième économie du monde selon lui. En lançant sa campagne en mars 1999, Bush avait assuré ses arrières, en soulignant qu’il ferait de son mieux, mais que s’il perdait, il serait heureux de faire autre chose. Le ton a changé : «Ceux qui m’ont décrit comme un candidat récalcitrant se sont trompés. Je suis un battant». Après des mois de précampagne, Bush a été officiellement désigné mercredi à Philadelphie candidat des républicains à l’élection présidentielle du 7 novembre. Le fils de l’ancien président des États-Unis sera opposé dans la course à la Maison-Blanche à l’actuel vice-président, le démocrate Al Gore. «Je suis un rassembleur, pas un diviseur», se plaît-il à dire, tout auréolé de la nouvelle image modérée que se sont donnés les républicains. Le sourire quasi permanent de «W», son allure de bon père de famille et son côté jovial contribuent à sa popularité auprès d’Américains lassés des scandales ayant éclaboussé le président démocrate Bill Clinton. Son succès n’empêche toutefois pas ses détracteurs de s’interroger sur les capacités à gouverner de cet homme de 54 ans, quasi inconnu en politique avant qu’il ne soit élu gouverneur du Texas en 1994. Ils critiquent autant sa froide détermination dans l’application de la peine de mort au Texas, que sa connaissance parfois approximative des dossiers internationaux, révélée par un entretien en novembre où il s’était montré incapable de citer les noms de trois dirigeants étrangers. Né le 6 juillet 1946, George W. Bush est marié et père de jumelles de 18 ans. Après une enfance dorée, son père le pousse à suivre une formation de pilote de chasse sur F-102 puis dans les universités de Yale et de Harvard, pour une maîtrise de Business Administration. À Yale, ses notes sont plutôt médiocres. Il est en constant décalage avec le courant dominant contre la guerre au Vietnam. Il déprime et reconnaît avoir eu un penchant pour l’alcool jusqu’à la quarantaine. Des rumeurs ont couru l’an dernier sur son usage présumé de cocaïne. Il a démenti. Après de petits emplois, il entre de plain-pied dans le monde des affaires par le biais des compagnies pétrolières texanes. Aiguillonné par son père, il se lance en politique et tente en vain le Congrès en 1978. C’est au Texas qu’il commence à voler de ses propres ailes. La popularité de l’équipe de base-ball des Texas Rangers, qu’il dirige, va lui servir de tremplin pour son élection comme gouverneur en 1994. Sa popularité y est grande : il est le seul gouverneur de cet État à avoir été réélu pour un second mandat avec près de 70 % des suffrages.
Il a le même nom, a hérité de ses traits et vise la Maison-Blanche : George Walker Bush, désormais candidat officiel du Parti républicain à l’élection présidentielle, suit les pas de son père, le 41e président des États-Unis. George W. Bush revient de loin : il y a plusieurs années, même sa famille ne lui donnait aucune chance, misant sur le fils cadet, Jeb Bush, actuel gouverneur de Floride, pour assumer l’héritage paternel, selon des proches. Silhouette légèrement courbée, sourire figé au coin, le gouverneur texan n’hésite pas à s’attacher les services de fidèles de son père, George Bush, et prend régulièrement conseil auprès de l’ancien président. Mais celui qui se présente comme «un conservateur avec du cœur» vole maintenant depuis ses terres du Texas de ses propres ailes, insistant sur son...
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