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Actualités - Biographie

Baalbeck Lundi 7 août Compay Segundo et Orquesta Aragon (photos)

Compay Segundo, l’âme vivante de la musique cubaine, se produit lundi 7 août à Baalbeck dans un concert qui achève sa tournée mondiale entamée début 2000. En première partie du concert de Compay Segundo et ses 12 musiciens, une formation spécialisée dans la musique afro-cubaine, l’Orquesta Aragon. Mais d’abord, qui est Compay Segundo ? Máximo Francisco Repilado Muñoz, de son vrai nom, est né en 1907 ( eh oui, il a 93 ans) à Siboney, un village côtier à une vingtaine de kilomètres de Santiago, deuxième ville de l’île de Cuba. Fils d’un conducteur de locomotive employé par la compagnie des mines, il apprend à jouer du «tres» (la guitare cubaine à trois paires de cordes métalliques) et de la guitare avec ses frères et, à 14 ans, reçoit des leçons de solfège avant d’intégrer comme clarinettiste la fanfare municipale de Santiago. À quinze ans, il compose sa première chanson : Yo vengo aquí. Employé dans une manufacture de tabac, le futur Compay Segundo fréquente assidûment le petit monde des «trovadores», ces troubadours qui composent et chantent en s’accompagnant à la guitare. L’instrument dont il joue est de son invention et s’appelle l’«armónico» ; c’est une guitare à sept cordes (double centrale) aux sonorités particulières, issue du «tres» (la guitare cubaine) et de la guitare espagnole. Un des plus célèbres musiciens de l’époque, Ñico Saquito, le remarque et lui demande de se joindre à son Cuarteto, avec lequel il part pour la Havane en 1934. Le «son» de la province d’Oriente est alors à la mode dans la capitale, et Repilado n’a aucun mal à trouver des engagements : radio, cabarets, fêtes privées... En 1936, il part au Mexique comme membre du Cuarteto Hatuey, emmené par Evelio Machin (le frère du chanteur de légende, Antonio Machin). Il y reste six mois et enregistre ses premiers 78 tours. Au début des années 40, le grand Miguel Matamoros, originaire lui aussi de Santiago, engage Compay dans son groupe, mais comme... clarinettiste. Il quitte l’orchestre douze ans plus tard, quand la popularité du duo Los Compadres, qu’il a formé en 1948 avec Lorenzo Hierrezuelo, l’accapare à plein temps. Los Compadres appartient de plein droit à l’histoire de la musique populaire cubaine. Hierrezuelo fait la voix, principale et la guitare d’accompagnement, Repilado fait la seconde voix d’où le surnom de Compay Segundo (compère second), et la guitare soliste avec son «armónico». Leur style où les proverbes, les traits d’humour et les allusions gaillardes dominent, les rendent populaires auprès des gens humbles, dans les campagnes comme dans les villes. En 1955, une brouille met fin à la collaboration entre les deux hommes. Lorenzo Hierrezuelo appelle à ses cotés son frère cadet Reynaldo et les Compadres poursuivront leur carrière jusqu’au milieu des années 80. Compay, de son côté, prend du recul avec la musique et retrouve son emploi de «tabaquero» (fabriquant de cigares). Lorsque la révolution de Fidel Castro triomphe en 1959, il travaille dans la prestigieuse manufacture H. Upmann de La Havane. II passe aussi deux ans en Chine, où il suit une formation en agriculture... À sa retraite, en 1970, Compay reprend «l’armónico», réunit un groupe de musiciens et entre de nouveau au studio afin d’enregistrer un disque. Il retourne un temps à Santiago où il crée le Cuarteto Daiquiri et joue avec le fameux Cuarteto Patria, notamment à Washington en 1189, lors d’un festival organisé par la Smithsonian Institute. À cette occasion, il chante pour la première fois Chan Chan, qui devient rapidement un classique du «son» cubain, et sa chanson la plus interprétée. En 1992, il enregistre 3 titres en duo avec Pablo Milanés dans l’album Años III (Egrem). Compay découvre l’Europe en 1994. Il participe en quartette «Compay Segundo y sus Muchachos» aux rencontres «Flamenco y Son cubano» à Séville au mois de juillet, enregistre un CD aux Canaries et tourne dans toute l’Espagne. Le public et la presse l’acclament. L’année suivante, Planète Aurora organise sa première tournée en France et en Belgique (sept dates). À cette occasion, Compay Segundo enregistre à Madrid son ANTOLOGIA un double CD avec 34 chansons, écrites entre 1922 et 1994, et un CD simple Yo vengo aquí sortis chez East West France en juin 1996. Depuis le printemps 1996, Compay Segundo y sus Muchachos parcourent l’Europe, ovationnés par les médias et le public. Ils ont participé entre autres aux Festivals d’Amiens, de Vic Fezensac, de Dunya et Tillburg en Hollande, au November Meeting à Nijmegen, au Nancy Jazz Pulsations, au Guitar Master à Pau, au Nice Jazz Festival, à Musique Métisse à Angoulême, au Womad au Canaries et à Cáceres, joué au Hot Brass à Paris, à la Laiterie à Strasbourg, à l’UBU de Rennes, à l’Aeronef de Lille, au Royal Albert Hall Festival à Londres, à Milan, à Gêne, au Portugal... Compay a fêté ses 89 ans au Bataclan à Paris, le 7 novembre 96. Il rencontre, cette même année 96, Ry Cooder pour l’enregistrement du fameux disque «Buena Vista Social Club» (World Circuit), grand succès mondial. En première partie donc, Orquesta Aragon. Cette Charanga ( formation sans cuivres, avec violons, flûtes rythmiques et chœurs) a commencé en 1939 à Cienfuegos, à Cuba. Son nom et son répertoire se sont transmis de génération en génération. En 59 ans d’existence, Orquesta Aragon est devenue la formation référence dans l’histoire de la musique cubaine. Sa palette de genres et de rythmes, son inventivité, la qualité et la prestance de ses 15 musiciens en font l’ambassadeur de la musique afro-cubaine. À ce jour, Orquesta Aragon a enregistré plus de trente disques. La première partie de Compay Segundo au Festival de Baalbeck sera leur première apparition scénique au Moyen-Orient.
Compay Segundo, l’âme vivante de la musique cubaine, se produit lundi 7 août à Baalbeck dans un concert qui achève sa tournée mondiale entamée début 2000. En première partie du concert de Compay Segundo et ses 12 musiciens, une formation spécialisée dans la musique afro-cubaine, l’Orquesta Aragon. Mais d’abord, qui est Compay Segundo ? Máximo Francisco Repilado Muñoz, de son vrai nom, est né en 1907 ( eh oui, il a 93 ans) à Siboney, un village côtier à une vingtaine de kilomètres de Santiago, deuxième ville de l’île de Cuba. Fils d’un conducteur de locomotive employé par la compagnie des mines, il apprend à jouer du «tres» (la guitare cubaine à trois paires de cordes métalliques) et de la guitare avec ses frères et, à 14 ans, reçoit des leçons de solfège avant d’intégrer comme clarinettiste...