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Actualités - Opinion

Semaine ceinte

S’il faut de tout pour faire un monde, il suffit parfois d’un rien pour déglinguer un prestige. Lundi : valse viennoise. En esquissant un pas de deux, un soldat israélien pose un pied du mauvais côté de la ligne frontalière. «Empiètement !», pépie le Premier ministre à long terme et aux moyens ternes. Les Casques bleus sont sommés de ronfler sur place. Mardi : hystérie. Le secrétaire général de l’Onu est alerté. Communication à 10 dollars la seconde, au tarif de Naaman le barbichu. Commence à en avoir ras les burnes, Kokof, de cette frontière en débandade, peuplée de barbus en vadrouille, de colons qui magouillent et de gendarmes tombés en quenouilles… Sur le terrain, la Finul se déploie en pointillé. Mercredi : frisson ! Une mine a failli péter à la gueule de l’Ukrainien venu la titiller. Survivre à Lénine, Staline et le goulag pour se voir transformer en chaleur et lumière chez des bouviers qui sentent la chèvre, faut le faire ! Comme il y a encore des dizaines d’autres saletés piégées à renifler, le déploiement s’arrêtera pour excès d’émotion. Jeudi : canicule. La ligne barbelée se dilate et mord de 2,25 cm du côté libanais de la frontière. «Empiètement», glapit le Premier Sinistre au teint bistre. Résultat : bernique, le déploiement ! Les Casques bleus s’en vont pantoufler à Nakoura. Vendredi : physiologie. Un salaud d’Israélien s’approche subrepticement de la ligne, dilate ses naseaux, et engouffre une brassée d’air libanais dans ses poumons kacher. Toute la république s’étrangle de l’empiètement gazeux. Les soldats onusiens retiennent leur respiration. Samedi : volupté. L’ultime micron du dernier millimètre du centimètre final de territoire est arraché au complot. Orgasme généralisé en Conseil des ministres. Après avoir longtemps bronzé à l’ombre, les Casques bleus se déploient sans encombre. Verdict : depuis 40 ans, les Libanais ont salopé, tour à tour, le nationalisme, le nassérisme, le arafatisme, le sionisme et l’intégrisme. Restait encore l’Onu. C’est désormais chose faite. Mes respects, M. Annan.
S’il faut de tout pour faire un monde, il suffit parfois d’un rien pour déglinguer un prestige. Lundi : valse viennoise. En esquissant un pas de deux, un soldat israélien pose un pied du mauvais côté de la ligne frontalière. «Empiètement !», pépie le Premier ministre à long terme et aux moyens ternes. Les Casques bleus sont sommés de ronfler sur place. Mardi : hystérie. Le secrétaire général de l’Onu est alerté. Communication à 10 dollars la seconde, au tarif de Naaman le barbichu. Commence à en avoir ras les burnes, Kokof, de cette frontière en débandade, peuplée de barbus en vadrouille, de colons qui magouillent et de gendarmes tombés en quenouilles… Sur le terrain, la Finul se déploie en pointillé. Mercredi : frisson ! Une mine a failli péter à la gueule de l’Ukrainien venu la titiller. Survivre à...