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Actualités - Chronologie

Berlin, une capitale qui affiche les stigmates de sa division passée

Berlin a sans conteste été dopée par l’arrivée il y a un an du gouvernement et du Parlement allemands, installés à Bonn depuis 1949. Mais la ville devrait mettre plus d’une décennie à devenir une vraie capitale, souffrant encore des stigmates d’une division de près de 30 ans. Le 7 septembre 1999, le Bundestag (Chambre des députés) pouvait fêter sous la coupole rénovée du Reichstag, lors de sa première session depuis la grande transhumance de l’été, sa naissance 50 ans plus tôt dans la petite ville des bords du Rhin. Le «déménagement du siècle» a coûté 10 milliards d’euros. 30 000 personnes, avec les politiciens, diplomates, fonctionnaires, journalistes et lobbyistes, ont fait le déplacement. L’installation des centres de pouvoir sur les rives de la Spree a entraîné dans son sillage un nombre croissant d’entreprises de la nouvelle économie, souligne Hans Estermann, de l’Office de promotion de la ville. Sur place, la main-d’œuvre qualifiée abonde : les jeunes affluent à Berlin, attirés par l’atmosphère d’une ville en mutation. En perpétuel chantier depuis la chute du Mur en 1989, la ville offre beaucoup d’espace – une superficie de 890 km2, soit huit fois Paris – et une situation géographique à laquelle ne peut prétendre aucune autre grande ville d’Allemagne. Sise à 80 km de la frontière polonaise, la capitale allemande est une fenêtre attrayante pour les pays d’Europe de l’Est qui souhaitent adhérer à l’Union européenne, remarque Edouard Heussen, porte-parole du gouvernement régional. «Les représentations diplomatiques, commerciales, et agences de voyages s’y multiplient». Côté tourisme aussi, la capitale nouvelle attire. Au premier semestre 2000, la ville a accueilli près de 2,4 millions de visiteurs, soit un bond de 30 % en un an. Résultat : l’an passé, la ville a affiché une croissance économique de 0,1 %, alors que celle-ci était négative en 1998 (-0,3 %). Pour la première fois depuis six ans, la courbe du chômage s’est inversée, à 15,9 % en 1999 contre 16,1 % l’année précédente. Un taux toutefois encore nettement supérieur à la moyenne du pays (10,5 % en 1999). Pourtant, Berlin souffre encore de sa division passée. «Le gouvernement de la ville-État a d’importantes dettes et doit réduire ses dépenses dans tous les secteurs d’activités parce qu’il faut tout reconstruire côté Est», observe M. Heussen. La faiblesse des liaisons aériennes internationales montre aussi les limites de la capitale de la troisième puissance économique mondiale, que la réunification en 1990 avait brusquement ouvert sur le monde après 30 ans de confinement. Berlin dispose de trois aéroports, bien trop petits pour assurer par exemple des lignes régulières vers les États-Unis, observe Wolfgang Weber, de la Lufthansa. Berlin mise sur l’aéroport international, à l’emplacement des anciennes installations soviétiques, qui doit prendre en 2007 le relais des trois plates-formes désuètes de la ville. Mais des irrégularités dans le processus d’appel d’offres a contraint à relancer la procédure à zéro. Côté culture, la réunification qui a rendu Berlin malade. La ville affronte sa plus grave crise financière dans ce domaine, malgré le doublement des allocations de l’État fédéral cette année, à 50 millions d’euros. En 1990, Berlin avait hérité de trois opéras, autant de théâtres musicaux, quatre orchestres symphoniques, une vingtaine de théâtres subventionnés et d’innombrables musées. Lorsqu’elle avait jeté l’éponge en mars dernier, la ministre régionale de la Culture l’avait dit sans détour : «La ville est tout bonnement dépassée par son riche héritage culturel et les attentes liées à son statut de capitale».
Berlin a sans conteste été dopée par l’arrivée il y a un an du gouvernement et du Parlement allemands, installés à Bonn depuis 1949. Mais la ville devrait mettre plus d’une décennie à devenir une vraie capitale, souffrant encore des stigmates d’une division de près de 30 ans. Le 7 septembre 1999, le Bundestag (Chambre des députés) pouvait fêter sous la coupole rénovée du Reichstag, lors de sa première session depuis la grande transhumance de l’été, sa naissance 50 ans plus tôt dans la petite ville des bords du Rhin. Le «déménagement du siècle» a coûté 10 milliards d’euros. 30 000 personnes, avec les politiciens, diplomates, fonctionnaires, journalistes et lobbyistes, ont fait le déplacement. L’installation des centres de pouvoir sur les rives de la Spree a entraîné dans son sillage un nombre...