Déjà l’effet Courbis à Lens ? Après deux journées de championnat, les «Sang et Or» occupent la tête du classement en compagnie des Bastiais. Samedi soir, face au promu guingampais, pour un premier contact avec le public de Bollaert, les joueurs lensois ont conforté la position de leur entraîneur en s’imposant (3-2) à l’issue d’une rencontre relativement moyenne. «C’est peut-être la plus grosse satisfaction de la soirée», a expliqué Rolland Courbis, pas vraiment chahuté par les supporters artésiens qui n’ont pourtant pas oublié l’affaire dite «des pingouins». C’est en effet ainsi qu’il avait qualifié les gens du Nord en refusant de venir jouer à Lens un match de la Coupe de France alors que le stade Vélodrome de Marseille était suspendu. «Nous avons pris six points sans exprimer l’ensemble de notre potentiel. Je suis conscient de nos bonnes périodes comme de nos séquences plus laborieuses. Notamment en début de seconde mi-temps où Lens a relancé Guingamp dans la rencontre», a ajouté l’ancien entraîneur de Bordeaux. À défaut de séduire dans leurs mouvements, les Lensois font preuve d’un réalisme offensif implacable en ce début de championnat. À l’image d’Elhadji Diouf, entré à la place d’Esteban Fuertes pour marquer le troisième but de son équipe (le deuxième de la saison), d’un coup de tête imparable sur son premier ballon (73e). «Mon groupe est encore perfectible dans tous les domaines», a pourtant indiqué Rolland Courbis. «Contre Guingamp, j’ai même eu l’impression de jouer à neuf contre onze pendant un quart d’heure», a poursuivi le technicien lensois qui doit encore se pencher sur l’équilibre d’un milieu de terrain parfois absent. La relation entre une défense expérimentée (Sikora, Pierre-Fanfan, Dumas, Rool) et une attaque plus jeune, prometteuse et virevoltante (Sakho, Sibierski, Fuertes, Moreira, Diouf) n’est visiblement pas encore au point. Le Tchèque Radek Bejbl affiche encore trop de carences physiques. L’Argentin Esteban Fuertes est encore à la recherche de repères, en dépit de son apport sur le deuxième but lensois. Mais les «Sang et Or» ne manquent pas de confiance, ni de sang-froid. «En onze ans de présidence, je n’ai jamais eu un entraîneur capable de motiver, d’inciter les joueurs à se surpasser à ce point», a avoué Gervais Martel. À la fin de la saison dernière, le président lensois souhaitait embaucher un technicien charismatique, capable d’imposer son message aux joueurs... Rolland Courbis sera-t-il celui-là ou assiste-t-on à un simple état de grâce ?
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