Beyrouth III est en ébullition. Sa bataille est «la mère des batailles». Contrairement aux autres circonscriptions de la capitale où de nombreuses listes sont en lice, à Beyrouth III, la liste de l’Action nationale, présidée par le chef du gouvernement Sélim Hoss affronte en solo celle de la Dignité de Beyrouth, soutenue par l’ancien Premier ministre Rafic Hariri. Il s’agit donc d’une circonscription symbole dans laquelle la bataille prend surtout un caractère politique et non simplement électoral. Dans cette circonscription, sept sièges sont à pourvoir : deux sunnites, un druze, un chiite, deux arméniens-orthodoxes et un arménien-catholique. La liste de M. Hoss comprend, outre le chef du gouvernement lui-même MM. Mohammed Youssef Beydoun (chiite), Ahmed Tabbarah (sunnite), Issam Naaman (druze), Arthur Nazarian et Hagop Pakradouni (arméniens-orthodoxes), Estephan Abadjian (arménien-catholique). Appuyée par le maître de Koraytem, la liste de la Dignité de Beyrouth est formée de Mme Ghinoua Jalloul (sunnite) et de MM. Mohammed Kabbani (sunnite), Ghazi Aridi (druze), Nasser Kandil (chiite), Hagop Kassarji, (arménien-catholique), Jean Ogasabian et Serge Der Sarkissian (arméniens-orthodoxes). M. Hoss semble livrer cette bataille pour s’assurer une continuité politique à travers une présence à l’hémicycle de la place de l’Étoile sans que la présidence du Conseil ne constitue pour lui, du moins à court et moyen terme, un objectif à atteindre. D’où disent, ses proches, le fait qu’il ne se soit pas encombré de former des listes dans les autres circonscriptions même si dans celles-ci il compte parmi les candidats des amis et des alliés. Par contre, M. Hariri a mis les bouchées doubles et a mobilisé ses alliés dont le maître de Moukhtara, Walid Joumblatt, qui s’est excusé de ne pouvoir recevoir demain les félicitations à sa résidence d’été, étant occupé par «la deuxième manche des élections qui ont lieu, entre autres, à Beyrouth». La communauté druze, rappelle-t-on, n’est représentée dans la capitale que par un seul siège. La victoire de son candidat dépend, dans tous les cas de figure, de l’électorat sunnite, les druzes étant dans la capitale bien moins que minoritaires. Pour les législatives 2000, le chef du PSP a cautionné la candidature de son conseiller politique de longue date Ghazi Aridi en remplacement du député sortant Khaled Saab, pourtant un de ses proches amis qu’il avait lui-même présenté, il y a quatre ans, à Rafic Hariri. M. Saab avait enregistré un bon score obtenant 51 599 du total des votants. Entre les deux candidats au siège chiite le ministre de l’Éducation Mohammed Youssef Beydoun et le président du Conseil national de l’audiovisuel (CNA) Nasser Kandil, qui se présente pour la première fois aux élections, la bataille a pris un caractère outrancier. M. Beydoun a annoncé qu’il a transmis au parquet le dossier d’un diplôme universitaire falsifié établi au nom du président du CNA, et qu’il avait annexé au dossier une plainte de l’ambassadeur Youssef Arsanios pour la falsification de sa signature sur le passeport de M. Kandil, dans le cadre de sa demande d’équivalence de son diplôme canadien. Pour la première fois, les accusations ne portent pas sur un dossier politique, mais elles mettent en doute la crédibilité d’un candidat vis-à-vis de son électorat et ses compétences académiques, alors qu’il occupe une position importante dans le monde de l’audiovisuel. L’un et l’autre des candidats chiites comptent sur la base populaire des présidents sunnites respectifs des listes auxquelles ils appartiennent pour être élus. M. Beydoun n’a obtenu en 1996 que 5 867 voix des 19 120 suffrages chiites. De toute façon, lors des législatives de 1996, les voix de la communauté sunnite ont tranché l’issue de la bataille à Beyrouth. Les sunnites ont constitué 55,52 % du total des votants, alors que la proportion des chiites n’a été que de 15,52 %, les Arméniens de 10,155, les grecs-orthodoxes de 8,7 %, les maronites de 3,52 % et les autres confessions chrétiennes 6,66 %. En 1996, le conflit sur le leadership de la capitale n’a pu être tranché à travers la bataille électorale qui a eu lieu sur la scène beyrouthine. L’ancien Premier ministre n’a pas réussi à unifier la décision de Beyrouth malgré les grands moyens qu’il a mis au service de sa bataille électorale et la victoire de la majorité des membres de sa liste. Sélim Hoss a obtenu 52,19 % des suffrages du total des votants et 43,40 % du total des votants sunnites. Des chiffres qui prouvent que l’actuel locataire du Sérail jouit d’une large base populaire dans les différents milieux. Les trois candidats dits de l’entente arménienne figurent sur la liste de M. Hoss. Ses milieux évoquent un soutien solide de cette communauté à sa liste et un engagement de déployer les efforts nécessaires pour éviter une réédition de la disparité des suffrages arméniens comme cela s’est passé à Bourj-Hammoud lors du scrutin du Metn-Nord. Des rumeurs circulent par ailleurs sur l’éventualité d’un soutien du Hezbollah dans cette circonscription à la seule candidature de M. Hoss du fait de l’alliance de ce parti avec le mouvement Amal et son engagement à appuyer le candidat Nasser Kandil. Pour ce qui est de la Jamaa islamiya, dans un communiqué publié avant-hier, elle a annoncé son soutien à la liste de la Volonté populaire qui se présente dans la deuxième circonscription de Beyrouth. Quant à la première et la troisième circonscription, la Jamaa islamiya a déclaré qu’elle a formé ses propres listes qui sont disponibles dans ces bureaux électoraux appelant par ailleurs ses membres à se présenter massivement aux urnes. L’affaire est à suivre de près.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Beyrouth III est en ébullition. Sa bataille est «la mère des batailles». Contrairement aux autres circonscriptions de la capitale où de nombreuses listes sont en lice, à Beyrouth III, la liste de l’Action nationale, présidée par le chef du gouvernement Sélim Hoss affronte en solo celle de la Dignité de Beyrouth, soutenue par l’ancien Premier ministre Rafic Hariri. Il s’agit donc d’une circonscription symbole dans laquelle la bataille prend surtout un caractère politique et non simplement électoral. Dans cette circonscription, sept sièges sont à pourvoir : deux sunnites, un druze, un chiite, deux arméniens-orthodoxes et un arménien-catholique. La liste de M. Hoss comprend, outre le chef du gouvernement lui-même MM. Mohammed Youssef Beydoun (chiite), Ahmed Tabbarah (sunnite), Issam Naaman (druze), Arthur Nazarian...