Rechercher
Rechercher

Actualités - Conferences Internationales

Annan appelle les Parlements à rejeter la démocratie en trompe-l'oeil

Le secrétaire général de l’Onu Kofi Annan a appelé les Parlements du monde à rejeter une «démocratie en trompe-l’œil» consistant à organiser des élections sans liberté de parole ni de presse. À l’occasion de l’ouverture de la première conférence mondiale des présidents de Parlements nationaux de 141 pays, il a affirmé que «les droits ne peuvent pas être garantis seulement par la tenue d’élections». Cette conférence de trois jours a été organisée par l’Union interparlementaire (UIP), qui regroupe les Parlements de la quasi-totalité des pays à l’exception de petites îles des Caraïbes et du Pacifique. Celle-ci a été marquée par des absences comme par des participations controversées. Le président du Parlement cubain, Ricardo Alarcon, s’est vu empêché de prendre part aux travaux parce que Washington lui a refusé un visa d’entrée en arguant du fait que l’UIP n’était pas une organisation dépendant des Nations unies. Les États-Unis, qui n’ont pas payé leurs contributions à l’UIP, ont aussi brillé par leur absence. Au moment où les présidents de Parlement se réunissaient dans la salle de l’Assemblée générale de l’Onu, des manifestants ont protesté contre la présence du président de l’Assemblée chinoise du peuple, Li Peng. Massés devant le siège des Nations unies, une cinquantaine de manifestants criaient et brandissaient des pancartes proclamant «La Chine hors du Tibet», «Li Peng hors de New York». M. Li était Premier ministre en 1989 quand l’armée a écrasé dans le sang les manifestations pour la démocratie sur la place Tiananmen. D’autres manifestations sont aussi prévues par des opposants iraniens contre la venue du président du Parlement iranien Mehdi Karoubi, un proche allié politique du président réformateur Mohammad Khatami. Le sommet parlementaire est l’un des nombreux événements qui doivent culminer du 6 au 8 septembre avec le Sommet du millénaire. En «frappant d’ostracisme ceux qui revendiquent une place dans la communauté des démocraties sur la base de fausses prétentions (...) vous pouvez aider à restaurer des gouvernements démocratiques là où ils ont été renversés et à les renforcer là où ils sont en danger», a déclaré M. Annan. Ces paroles contrastaient avec celles du président de l’UIP, Najma Heptulla, qui est vice-présidente de la Chambre haute du Parlement indien (Rayja Sabha). Cette dernière avait déclaré plus tôt : «Notre définition de la démocratie est que le gouvernement est élu, et nous ne nous ingérons pas dans les processus électoraux internes». Pour que des élections soient réellement libres, il faut un équilibre et un contrôle des pouvoirs institutionnels, a au contraire souligné le secrétaire général de l’Onu. Il faut notamment «une justice indépendante, des partis politiques viables, une presse libre et la liberté pour chacun de s’exprimer sans crainte ni représailles», a déclaré Kofi Annan.
Le secrétaire général de l’Onu Kofi Annan a appelé les Parlements du monde à rejeter une «démocratie en trompe-l’œil» consistant à organiser des élections sans liberté de parole ni de presse. À l’occasion de l’ouverture de la première conférence mondiale des présidents de Parlements nationaux de 141 pays, il a affirmé que «les droits ne peuvent pas être garantis seulement par la tenue d’élections». Cette conférence de trois jours a été organisée par l’Union interparlementaire (UIP), qui regroupe les Parlements de la quasi-totalité des pays à l’exception de petites îles des Caraïbes et du Pacifique. Celle-ci a été marquée par des absences comme par des participations controversées. Le président du Parlement cubain, Ricardo Alarcon, s’est vu empêché de prendre part aux travaux parce que...