Tripoli, cité grouillante et colorée, offre au promeneur mille odeurs, mille saveurs, des arômes, des parfums... Des émanations d’un temps révolu et des réminiscences de ville de province. Entre le souk des poissonniers et celui des marchands de tissus, une ruelle, encore plus kitsch que les autres, exhale des senteurs d’épices, d’aromates, des parfums : cannelle, poivre, cumin, jasmin, rose, musc... Serrées, collées, les unes aux autres, les boutiques de cette rue n’offrent pourtant que le très banal achalandage de produits de toilette, linge de maison, ustensiles ménagers et de cuisine. Des articles de base, importés de Taïwan ou des pays voisins. Coincés entre deux drogueries de la sorte, trois comptoirs d’épices et d’herbes aromatiques marquent leur présence par des effluves piquants et de gros sacs de marchandise placés devant la porte. À l’intérieur d’une de ces antres sombres, officie Maher, la trentaine, en jeans et tee-shirt, et qui pourtant semble émerger d’un roman du XIXe, à l’époque des apothicaires et des herboristes de province. Héritier du commerce familial, Maher a aussi hérité de mille et une recettes – notées sur des bouts de papier jauni – de breuvages, de tisanes ou de potions... Des remèdes contre la diarrhée, l’obésité, la chute des cheveux, la toux, l’insomnie, l’eczéma, mais aussi des aphrodisiaques et autres viagra comme le «chelech el-zalloue», «qui constitue ma plus grosse vente, depuis plus d’un an», signale fièrement le vendeur. Ce dernier, débordé, mixe avec une dextérité étonnante les poudres et les herbes demandées par des clients de tous les âges. Un mélange de sept huiles, «contre la chute et le dessèchement des cheveux», une composition à base de grains d’anis et de fleurs de camomille pour apaiser la nervosité, des pigments rouges pour la peinture de mobilier, une essence de fleurs de jasmin qu’il vend en petites ou moyennes flaconnettes... Le commerce va bon train. Mais notre préparateur se plaint quand même de la concurrence des pharmacies, comme de celle des produits de régime ou capillaires réalisés de manière industrielle. «Ces poudres en cachet que l’on vous vend pour perdre du poids. C’est de chez moi qu’on les achète, pour les empaqueter et les distribuer dans les pharmacies et les supermarchés», jette, faussement indifférent, ce pharmacien à l’ancienne.
Tripoli, cité grouillante et colorée, offre au promeneur mille odeurs, mille saveurs, des arômes, des parfums... Des émanations d’un temps révolu et des réminiscences de ville de province. Entre le souk des poissonniers et celui des marchands de tissus, une ruelle, encore plus kitsch que les autres, exhale des senteurs d’épices, d’aromates, des parfums : cannelle, poivre, cumin, jasmin, rose, musc... Serrées, collées, les unes aux autres, les boutiques de cette rue n’offrent pourtant que le très banal achalandage de produits de toilette, linge de maison, ustensiles ménagers et de cuisine. Des articles de base, importés de Taïwan ou des pays voisins. Coincés entre deux drogueries de la sorte, trois comptoirs d’épices et d’herbes aromatiques marquent leur présence par des effluves piquants et de gros sacs de...
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