Rechercher
Rechercher

REPORTAGES

Rafi Madayan : petit tigre deviendra grand

La révélation. D’accord, il n’a pas gagné, et tout le monde sait pourquoi. Mais l’essentiel n’est pas là. L’essentiel, c’est qu’il s’est battu comme un tigre. Et loyalement. Légalement. La révélation des législatives 2000, c’est lui. Parce qu’il en faut une, de révélation. À chaque événement. Oscars, Jeux olympiques, rentrée littéraire, etc, chacun de ces happenings connaît immanquablement la sienne. Souvent on l’oublie, cette révélation… Parfois, en peu de temps, elle finit par devenir une valeur sûre. Incontournable. Rafi Madayan pourrait certainement faire partie de la seconde catégorie. Parce que c’est un battant. Parce qu’il sait ce qu’il veut et comment faire pour l’obtenir. Parce que de 4 000 voix il y a quatre ans, il est passé à plus de 27 000 cette année. Parce que la communauté arménienne, quelles que soient ses affinités, vote comme un seul homme pour les candidats d’un parti. Parce que l’école Nassib Lahoud à laquelle «le petit Rafi» comme l’appellent ses groupies, s’est frotté, est la bonne. Parce que… Interrogé à chaud par L’Orient-Le Jour, Rafi Madayan réagit comme s’il avait gagné – et son enthousiasme est contagieux. Particulièrement contagieux. «Le pouvoir a tout fait pour tuer l’opposition démocratique et libre, et il a échoué : regardez Nassib Lahoud, Pierre Amine Gemayel, les résultats de Michel Samaha et les miens. La carte politique issue de la nouvelle donne du Metn aura des répercussions certaines sur tout le Liban. Et puis il suffit de voir ce qu’a fait Walid Joumblatt à Baabda-Aley, au Chouf, et les résultats du Kesrouan. Le Metn a été le miroir de ce dimanche d’élections. La population a refusé l’hégémonie programmée par le pouvoir». Rafi Madayan a été le seul candidat arménien à mener une campagne électorale. Une vraie. Il s’est déplacé dans tous les villages du Metn, chose qu’aucun autre arménien n’avait – ou n’a fait, «tellement ils sont sûrs d’avoir leur plaque bleue». Et ce sont les presque 9 000 voix de Bourj-Hammoud qui ont fait chuter et Michel Samaha et Rafi Madayan. Question : est-ce qu’on ne devrait pas faire de Bourj-Hammoud une circonscription à part, de manière à permettre aux députés arméniens d’être choisis par les électeurs de leur communauté ? La réponse de Rafi Madayan fuse : «Non ! le problème n’est absolument pas là. Je défie le Tachnag de laisser voter chaque Libanais d’origine arménienne selon sa conscience, on verra alors le résultat. Sauf que le Tachnag, dès que l’on a le dos tourné, terrorise les arméniens, et les empêchent de voter s’ils n’ont pas leur carte du parti». Et la politique ? Il va continuer à se battre pour défendre ses idées ? «Ce n’est pas la première fois que je me présente, et ces élections ne sont qu’une étape dans ma carrière politique. L’alliance avec Nassib Lahoud ou Michel Samaha est faite, on va continuer à travailler ensemble». Malgré toutes les pressions ? «Personne n’arrivera à me faire taire, croyez-moi, personne. Je vais continuer à ouvrir ma gueule». Petit tigre deviendra certainement grand.

La révélation. D’accord, il n’a pas gagné, et tout le monde sait pourquoi. Mais l’essentiel n’est pas là. L’essentiel, c’est qu’il s’est battu comme un tigre. Et loyalement. Légalement. La révélation des législatives 2000, c’est lui. Parce qu’il en faut une, de révélation. À chaque événement. Oscars, Jeux olympiques, rentrée littéraire, etc, chacun de ces...