Le marché libanais des changes a accueilli avec soulagement le déroulement de la première phase des législatives, ce qui s’est traduit par un certain développement de l’offre du dollar dont la demande est restée limitée aux besoins commerciaux des opérateurs. Dans de contexte, l’action de la Banque du Liban (BDL), qui a maintenu sa fourchette d’intervention inchangée entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente du billet vert, est venue le faire clôturer au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier. Mais compte tenu de l’évolution du mouvement de l’offre et de la demande en livres libanaises, le dollar devait se négocier en dehors de la BDL entre 1 513,50 et 1 514,00 LL, ont indiqué les cambistes. Et d’ajouter que le volume d’affaires de la journée d’hier aurait atteint quelque sept millions de dollars, entièrement traités à l’achat et à la vente par les banques de la place, dans un marché équilibré de lui-même. Effritement de l’euro À l’étranger, l’euro s’est effrité face au dollar en ce début de semaine sur les marchés des changes internationaux, après la publication des chiffres de la masse monétaire européenne (M3) en juillet, laissant les opérateurs perplexes quant à l’orientation de la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) en cette période. De plus, l’annonce aux États-Unis que la consommation des ménages américains est restée très forte en juillet est venue soutenir le dollar aux dépens de l’euro dans la mesure où elle a entraîné un regain d’intérêt pour les placements en actifs américains. Les dépenses de ces ménages ont augmenté de 0,6 % au lieu de 0,5 % attendu, contre 0,4 % en juin, alors que leurs revenus grimpaient de 0,3 % contre 0,4 % pendant la même période. La monnaie unique a été toutefois soutenue au-dessus de 0,90 dollar à court terme par des spéculations sur une hausse des taux de la BCE. À cet égard, le marché attend l’issue de la réunion après-demain du conseil des gouverneurs de la BCE qui devrait tenter d’enrayer les pressions inflationnistes dans la zone euro par une remontée de ses taux. Les analystes sont partagés sur un relèvement du taux directeur de la BCE allant d’un quart de point à un demi-point en pourcentage. «Quoi que fasse la BCE, cela devrait être un coup d’épée dans l’eau : si elle relève ses taux d’un quart de point en pourcentage, les marchés seront déçus, vu le ton des déclarations de ces derniers temps. Si c’est d’un demi-point en pourcentage, l’euro sera soutenu, mais baissera à nouveau dans une semaine. Seule une intervention directe sur le marché aurait des chances d’être efficace», ont indiqué hier les analystes de marché. «Tant que les États-Unis afficheront une croissance aussi forte sans inflation, le dollar en bénéficiera. Et puis les entreprises européennes continuent à investir aux États-Unis, ce qui pèse encore sur l’euro», ajoute-t-on dans ces mêmes milieux. La livre sterling, qui avançait très légèrement face à la monnaie unique européenne, est elle aussi suspendue à la décision de la BCE. Elle sera décisive pour la parité euro/sterling, en l’absence de tout autre indicateur important à venir. C’est dans ce contexte que le dollar s’est finalement négocié à New York, sur un ton partagé, comme suit : – 0,8998 pour un euro contre 0,9020, vendredi dernier – 1,4690 pour un sterling, sans aucun changement – 2,1735 DM contre 2,1680 – 7,2900 FF contre 7,2710 – 1,7130 FS contre 1,7095 – 2 151,90 lires contre 2 146,20 – 106,40 yens contre 106,85. Bourse de Beyrouth : soutenue par la hausse de Solidere À la Bourse de Beyrouth, la tendance a été dictée encore une fois par les actions Solidere dont la hausse de la catégorie A de 7,00 à 7 1/8 dollars a soutenu hier l’ensemble de la cote dans un marché autrement stable sur les autres valeurs. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a regagné 0,17 % à 64,29 points, tandis que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires s’est maintenu invariablement à 140,30 points. Ce mouvement s’est déroulé hier dans un marché relivement actif avec 111 549 actions négociées d’une valeur globale de 537 518 dollars. Bonne orientation des Bourses américaines Sur les places boursières internationales, les marchés américains ont été soutenus en ce début de semaine par les perspectives de stabilité des taux d’intérêt directeurs aux États-Unis, face au ralentissement de la croissance économique américaine, encourageant les investisseurs à acheter. Pourtant une semaine très calme est attendue, avant le long week-end de la fête du Travail qui marque traditionnellement la fin de la période estivale aux États-Unis. En outre, Wall Street a testé hier, pour la première, sur six actions, la cotation en décimales, au lieu de la cotation, unique au monde, en fractions. La conversion doit être achevée avant le 9 avril 2001. À cet égard, aucun problème n’a été relevé hier, selon un porte-parole du New York Stock Exchange (NYSE). «Tout se passe bien», a déclaré ce porte-parole, indiquant que le NYSE n’avait eu aucune indication d’un quelconque problème de la part des opérateurs. La plupart des secteurs ont gagné du terrain, notamment la haute technologie, les télécommunications, l’Internet et les bancaires. En effet, l’indice de la Bourse électronique Nasdaq a frôlé le seuil des 4 100 points, pendant que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles a fluctué entre un plus bas à 11 188,93 points et un plus haut à 11 319,96 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h heure locale de Beyrouth, 11 286,45 points, en hausse de 93,82 points sur vendredi dernier. Les Bourses européennes tirées par les TMT et la distribution Les places européennes se sont raffermies lundi en fin de séance, tirées à la hausse par la bonne tenue des valeurs de la distribution et des TMT, ainsi que par la hausse de Wall Street (en hausse d’un peu plus de 1 %, tant pour le Dow Jones que pour le Nasdaq, à l’heure de clôture des principaux marchés européens). La Bourse de Londres était fermée pour cause de jour férié. Sur les autres places, les affaires sont restées très faibles, voire atones. L’Eurotop 300 a gagné 0,43 % à 1 661,42 et l’Euro Stoxx 50, 0,57 % à 5 205,26. Les hausses les plus fortes ont été enregistrées dans le compartiment de la distribution, où le groupe français Carrefour, deuxième opérateur mondial d’hypermarchés, a clôturé en hausse de 2,7 % à la veille de ses résultats semestriels. Une progression de 2,9 % sur Vivendi et Canal Plus, dans lequel Vivendi détient une importante participation, a maintenu les médias en vedettes. «Les gérants de fonds sont rentrés de vacances et réajustent leurs portefeuilles, déclarait un analyste à Paris. Le secteur des médias leur paraît bon». Les télécommunications ont également poursuivi leur rebond. Deutsche Telekom, notamment, gagnait en fin de séance 1,8 % après l’annonce de son rachat de l’opérateur américain Powertel pour $5,89 milliards. Le mois dernier, l’opérateur téléphonique allemand avait déjà racheté un autre américain, VoiceStream, pour $45,7 milliards. Le prix de l’opération avait alors suscité bien des questions. Depuis le 10 juillet, date des premières rumeurs de rachat de VoiceStream, le titre avait perdu près de 28 %. «La plupart des investisseurs pensent que le pire est passé, et l’acquisition qu’ils ont réalisée aux États-Unis semble être à un prix tout à fait bon par rapport à ce qu’ils ont payé pour VoiceStream», déclarait Jürgen Gries (Merck Finck, Munich). Dans le même compartiment, France Télécom a repris 1,14 %, l’espagnol Telefonica 2,5 % et sa filiale Terra Networks 3,1 %, tandis que le néerlandais KPN gagnait 1,67 % et que Telecom Italia faisait exception en clôturant pratiquement inchangé (-0,01 %). À Amsterdam, Philips a progressé de 2,04 %, emportant ainsi les technologiques dans son sillage. Tokyo : poursuite de la hausse La Bourse de Tokyo a de nouveau franchi lundi la barre psychologique des 17 000 points pour la première fois depuis plus d’un mois, grâce aux perspectives favorables qui s’offrent aux sociétés japonaises, selon des opérateurs. «L’espoir est fort pour les valeurs de la haute technologie et le fait que l’indice ait atteint les 17 000 points a renforcé les perspectives positives des investisseurs», a indiqué un analyste de marché auprès de Nikko Securities, Hiroichi Nishi. L’indice de référence Nikkei-225 a gagné 269,79 points (+1,6 %) à 17 181,12 points. Il n’avait plus clôturé au-dessus des 17 000 points depuis le 17 juillet. L’indice élargi Topix a progressé de 12,35 points à 1 543,63 points. L’activité, plutôt moyenne, a porté sur 540 millions de titres échangés contre 614,9 millions d’actions vendredi. «Après un début de séance plutôt tranquille, le marché s’est activé grâce aux plus-values des contrats à terme qui ont amorcé la relance», a ajouté M. Nishi. «La reprise a ensuite été alimentée par les attentes des investisseurs sur de meilleures perspectives pour les valeurs technologiques après la révision à la hausse des résultats des sociétés d’électronique», a-t-il poursuivi. Toshiba et NEC ont revu à la hausse l’estimation de leurs résultats la semaine dernière grâce à la forte demande mondiale de micro-processeurs. L’indice a enregistré des profits en fin de séance grâce à des achats en provenance de l’étranger. «Les investisseurs étrangers ont continué à acheter des titres de sociétés vedettes dans l’après-midi», a précisé un courtier de Sakura Friend Securities, Koichi Kawata. «Le marché va certainement essayer d’atteindre les 17 500 points toute la semaine», a-t-il ajouté.
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