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Actualités - Chronologie

Indonésie Le procès de Suharto pourrait commencer avant la fin du mois

L’homme qui fut l’un des plus puissants dirigeants d’Asie du Sud-Est, Suharto, pourrait voir s’ouvrir son procès pour corruption d’ici la fin du mois à Djakarta, même si l’ex-président indonésien ne risque guère de finir ses jours en prison. Une ultime étape de procédure a été franchie hier quand l’acte d’accusation de 45 pages, portant sur des détournements de 571 millions de dollars, a été transmis au tribunal de la région sud de Djakarta. La date de la première audience n’a pas été fixée. Mais le juge a promis que tout irait désormais très vite. «Nous réunirons la cour après la session de l’Assemblée consultative du peuple (...) Si Dieu le veut, cela sera ce mois. À partir de ce jour, nous allons travailler aussi vite que possible», a déclaré le juge Lalu Mariyun après avoir accepté le dossier. L’Assemblée doit achever le 18 juin sa session annuelle. Lalu Mariyun dirige l’équipe de cinq juges qui va travailler sur le dossier de l’accusé Suharto, 79 ans, qui dirigea le pays d’une main de fer de 1966 à sa démission forcée en 1998, après plusieurs journées d’émeutes meurtrières à Djakarta et dans d’autres villes. M. Suharto est accusé de détournements de 571 millions de fonds publics via des fondations caritatives au profit d’amis et de membres de sa famille. Il n’est en revanche pas poursuivi pour abus de pouvoir, a précisé mardi l’accusation. M. Suharto, qui a réfuté les charges contre lui et affirmé qu’il ne fuirait jamais son pays, risque une peine pouvant aller jusqu’à la prison à vie et une amende de 3 500 dollars. Mais le président Abdurrahman Wahid a promis qu’il accorderait son pardon à l’ancien président si ce dernier était condamné, tout en soulignant qu’il devait être jugé. Une des principales interrogations porte désormais sur l’attitude de M. Suharto et sur sa présence à la première audience, que souhaite l’accusation. Ses avocats ont mené une bataille de procédure de deux ans pour retarder un procès, soutenant que leur client souffrait d’amnésie et de difficultés d’élocution après une attaque cérébrale, et que son état de santé ne lui permettait pas d’être jugé. Au cours de l’enquête, M. Suharto a refusé de se rendre dans les locaux du procureur général, et ce sont les magistrats qui ont été obligés de se présenter à son domicile de Djakarta. La nature des charges retenues contre M. Suharto a aussi suscité des critiques. Les groupes étudiants radicaux, qui ont violemment manifesté ces derniers mois autour du domicile de M. Suharto, à Djakarta, veulent notamment que l’ex-président soit aussi traduit en justice pour violations des droits de l’homme, notamment au Timor-Oriental. Le bureau du procureur général a de son côté reconnu que le montant des détournements serait beaucoup plus important, mais que l’enquête s’était concentrée sur les fondations caritatives, afin de présenter un dossier sans faille. Le magazine américain Time avait estimé la fortune de Suharto et de sa famille à 15 milliards de dollars.
L’homme qui fut l’un des plus puissants dirigeants d’Asie du Sud-Est, Suharto, pourrait voir s’ouvrir son procès pour corruption d’ici la fin du mois à Djakarta, même si l’ex-président indonésien ne risque guère de finir ses jours en prison. Une ultime étape de procédure a été franchie hier quand l’acte d’accusation de 45 pages, portant sur des détournements de 571 millions de dollars, a été transmis au tribunal de la région sud de Djakarta. La date de la première audience n’a pas été fixée. Mais le juge a promis que tout irait désormais très vite. «Nous réunirons la cour après la session de l’Assemblée consultative du peuple (...) Si Dieu le veut, cela sera ce mois. À partir de ce jour, nous allons travailler aussi vite que possible», a déclaré le juge Lalu Mariyun après avoir accepté le...